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L’écho d’un Optonic dans les étangs sauvages d’Auvergne

De passage en Auvergne, je ne pouvais pas envisager de ne pas tendre une ligne sur ce lieu que j’ai découvert il y a une dizaine d’années. En altitude, le côté sauvage de ces étangs m’a toujours attiré. On y respire le calme. C’est un endroit qui me permet de mettre la vie sur pause, le temps de quelques heures parfois quelques jours.



En cette fin février un redoux s’est installé sur la région et un grand soleil est annoncé. Arrivée en fin d'après-midi je constate que la surface est lisse, pas une onde, pas la moindre activité. Je ne pécherai pas ce premier coup du soiri. J’en profite pour amorcer légèrement trois spots différents avec du maïs doux : une boîte de 250 g sera largement suffisante vu l’absence d’activité, du moins en surface.



Le premier poste (poste 1) correspond à la zone la plus profonde, environ 2 m d’eau. Le second (poste 2) est une bordure avec un buisson dont quelques branches plongent dans l’eau, avec environ 1,70 m de fond, assez proche de la zone plus profonde. Le troisième (poste 3) est une zone de remontée en pleine eau, autour d’1 m de profondeur. Avec le soleil, peut-être que les poissons viendront s’y promener.

J’observe encore le plan d’eau pendant une petite heure : toujours rien.



Pour cette session, je fais le choix de pêcher en mode « vintage », ou « old school », c’est selon. Pour moi, c’est surtout l’occasion de me faire plaisir avec une canne souple et de remettre en action une partie de l’histoire de notre passion. Une canne en bambou refendu de 9 pieds, un petit moulinet Mitchell fabriqué entre 1950 et 1970, et un détecteur Optonic du début des années 80.



Une seule canne sera de sortie. Peu de matériel, afin de pouvoir naviguer facilement entre les trois spots. Comme à mon habitude, je profite de ma maison roulante pour passer la nuit à proximité du plan d’eau. Ces étangs ne sont pas autorisés à la pêche de nuit, je préfère donc rester dans la légalité et pêcher uniquement en journée.



Au lever du jour, me voilà au bord de l’eau. Sur le poste 2, quelques poissons blancs brisent la surface. Je ne m’installe pas tout de suite. Deux poignées supplémentaires afin de maintenir une petite activité et de laisser les poissons en confiance. Pour débuter ma pêche je choisirai donc le poste 1.


Montage simple : un plomb cube de 17 g sur agrafe coulissante, bloqué par un émerillon baril et un stop-float une dizaine de centimètres au-dessus pour favoriser l’auto-ferrage. Bas de ligne en nylon, hameçon de taille 8.



Pour l’esche, j’utilise un dumbell équilibré de 8 mm, enrobé d’une pâte maison réalisée à partir des bouillettes Cherry/Squid d’Appâts Baits. L’ensemble forme une bouillette d’environ 14 à 15 mm, très attractive, surtout en eau froide. J’enrobe également le plomb afin de créer un petit d’attraction autour du montage. Le tout sera accompagné d’une petite poignée de maïs doux. L’objectif est simple : un touche. Inutile de trop amorcer.



La première heure est très calme. Nous sommes encore dans les nuages, il fait frais mais c’est supportable. Toujours de l’activité sur le poste 2 ; j’y rajoute une légère poignée de maïs. Sur la zone profonde, ma pâte d’enrobage est toujours présente, mais elle a bien diminué.

Les premiers rayons du soleil se font sentir. Deux heures sans résultat sur la zone profonde : je décide de me déplacer sur le poste 2. En passant, je dépose une poignée de maïs sur le poste 3, au cas où. Les trois zones sont distantes de 60 à 70 mètres maximum.



Même approche, même esche. Trente minutes plus tard, l’Optonic émet son premier signal. Une légère tirée, peut-être un poisson venu picorer le plomb enrobé. Quelques minutes après, c’est un vrai départ. Le détecteur reprend de la voix. En prenant contact avec le poisson, je me dis que ce détecteur n’avait sans doute pas chanté depuis 20, peut-être même 30 ans. Acquisition récente. Merci, mon Fab.


Le poisson n’est pas très puissant, mais sur cette canne en bambou, avec un nylon en 25/100, le combat est un pur plaisir. La canne se courbe de la pointe jusqu’au talon. Le frein du Mitchell chante, accompagné du cliquetis de l’anti-retour à chaque tour de manivelle. Un poisson modeste, mais quel bonheur d’épuiser cette carpe miroir. Un rapide cliché, puis elle regagne son élément. Être là suffisait déjà. Mais capturer cette petite merveille rend l’instant encore plus intense.



Le combat ayant eu lieu en bordure, les autres poissons se sont probablement écartés. Je remets une petite poignée de maïs sur le poste 2 et m’installe sur le poste 3, toujours avec la même approche, mais en pêchant un peu plus loin du bord — 10 à 15 mètres tout au plus. Moi qui aime pêcher à mes pieds quand c’est possible, c’est déjà de la longue distance.


Je place le montage dans la pente douce, par environ 1 m d’eau. Peut-être que, comme moi, les carpes profiteront de cette belle journée ensoleillée. Je ne change rien : petite poignée de maïs et pâte d’enrobage. J’en profite pour manger un morceau, boire une tasse de thé et parcourir un ouvrage récemment acquis : Pêches en étang de Michel Pollet, publié en 1928.



Une bonne heure passe, sans activité sur ce poste. Les poissons blancs sont de retour sur le poste 2. Je m’y replace. Quinze minutes plus tard, l’Optonic s’emballe à nouveau. Même sensation, mais un poisson un peu plus puissant cette fois. Toujours autant de plaisir avec ce matériel d’un autre temps. Une nouvelle miroir, un peu plus imposante, rejoint le tapis de réception.

Ma journée est déjà réussie. Le lendemain matin, je reviendrai pour quelques heures supplémentaires. Avant de partir, je dépose le fond de la boîte de maïs sur les postes 2 et 3.



Le lendemain, pas de brume. Ciel dégagé, mais plus froid : le thermomètre affiche -4 °C. L’ensoleillement de la veille a toutefois réveillé le plan d’eau. Je remarque des blancs en surface sur les postes 2 et 3. Même stratégie que la veille. Je commence par le poste 3 après avoir déposé quelques appâts sur le poste 2.

Malgré l’activité, une heure et demie plus tard, toujours rien sur le poste 3 Je retourne donc sur le poste 2. Les blancs s’activent dès que le maïs touche l’eau. Ils se disputent les grains à la descente. Il ne doit pas rester grand-chose au fond, mais ce maïs n’est pas là pour nourrir les carpes : seulement pour entretenir l’activité et attiser la curiosité d’un poisson de passage.



La première touche du jour ne sera pas une carpe, mais une tanche. Comme beaucoup de pêcheurs, je trouve ce poisson splendide.

La zone n’ayant pas été trop perturbée, je replace immédiatement le montage avec son accompagnement habituel de maïs doux. Une demi-heure plus tard, la ligne se tend légèrement, le détecteur émet un bip discret… puis plus rien. Pourtant, il y a bien une carpe au bout. Cette dernière part en diagonale sans libérer ou donner le moindre centimètre de nylon. Encore un combat tout en sensations, tout en douceur.

Une dernière photo, puis il est temps de reprendre la route en camion pour une prochaine aventure halieutique. Mais avant cela, direction les Carpe Days de Moulins.

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