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Quand pêcher à une canne, au bon endroit, peut rapporter gros !

Dernière mise à jour : 19 févr.

Lorsqu’on parle de la pêche de la carpe à une canne, on pense tout de suite à la pratique du stalking carpe. Or, ici, je vais plutôt parler de la pêche à une canne en pêche courte sur des lieux que l’on connaît parfaitement, ou en pêche longue de plusieurs jours (voire plusieurs semaines).



Il arrive, lorsque l’on pêche seul, qu’utiliser quatre cannes soit de trop : trop de touches, trop de fils dans l’eau, toujours une canne que l’on ne sait pas positionner sans gêner les autres et qui finit par « couper la pêche ». Bref, les raisons de ne pas utiliser nos quatre cannes sont multiples et justifiées.

On parle très souvent de pêche à deux cannes. Technique inspirée des pêcheurs anglais, souvent destinée aux plans d’eau de petite taille et à forte pression de pêche. Mais pourquoi ne pas aller encore plus loin dans cette direction, celle de la discrétion, et retirer encore une canne pour ne pêcher qu’à une seule canne ?


Je vais vous raconter deux exemples de pêche à une canne qui ont marqué ma vie de pêcheur de carpe et changé ma vision de la pêche de la carpe en batterie.



« La deuxième bouée »

Je l’avais nommée ainsi, car il s’agissait de l’une des bouées délimitant la réserve d’un lac d’une centaine d’hectares. Ce spot de pêche m’a laissé matière à réfléchir sur cette approche, car il m’a offert le plus gros poisson du lac, qui était aussi ma carpe record personnelle de l’époque.

Bizarrement, il n’y avait que cette zone précise qui me produisait des touches régulières, de jour comme de nuit. Mais dès que je positionnais une autre canne à carpe à droite ou à gauche de celle-ci (même à plus de 100 mètres), les touches s’estompaient et le spot devenait stérile. Et, évidemment, dès que je retirais des cannes pour repasser sur une stratégie simple à une seule canne, les carpes revenaient.

Cette bouée m’offrira une nuit à deux poissons : une carpe de 27/28 kilos et une autre de 22 kilos, qui viendront valider cette approche discrète. Elle me permettra également de capturer ma carpe cible quelques semaines plus tard, de la même manière.



« La grosse cuir »

Ce second exemple est tout aussi marquant, mais cette fois-ci, cela se passe en gravière. Les carpes se regroupaient près d’une plage, car elles se préparaient à frayer. Automatiquement, après les avoir localisées, deux cannes à carpe sont positionnées de chaque côté de cette plage. Les poissons s’enchaînaient, mais uniquement des carpes de taille moyenne, qui peinaient à dépasser les 15 kilos. Les grosses carpes étaient certainement ailleurs.

Au bout de quatre jours de session de pêche, un nouveau spot en sortie d’un canal communicant avec une autre partie de la gravière me produit une touche en plein après-midi. Malheureusement, le temps d’arriver en bateau amorceur à l’aplomb du poisson, celui-ci s’était réfugié dans les herbiers, me laissant casser mon hameçon Kurv Shank n°2.

Le sentiment d’avoir manqué une grosse carpe m’envahissait, mais avais-je trouvé le spot à gros poissons ?Quatre jours plus tard, même canne, même heure, c’est une carpe miroir d’une vingtaine de kilos qui est capturée par un ami. Les indices se précisaient sur la régularité des passages des gros poissons.

Je finirai cette session en enlevant les deux cannes situées sur la plage, lassé d’attraper uniquement des petites carpes, et par économie d’appâts. J’attendrai patiemment, à une seule canne, la sortie du canal, convaincu de la pertinence de cette stratégie de pêche ciblée.

Quatre jours plus tard, vers 16 h / 16 h 30, un gros départ retentit. Je saute dans le bateau et rejoins le poisson réfugié dans les herbiers. Arrivé à l’aplomb, j’aperçois une énorme masse dans une eau cristalline : une carpe cuir trophée. Le combat est bref et puissant, et je mets une carpe cuir de 32 kilos dans l’épuisette.



Conclusion

Pêcher à une seule canne permet de réduire la pression de pêche, le nombre de fils dans l’eau, les perturbations sonores, la consommation d’appâts carpe, et les déplacements en bateau. Cette approche discrète limite également la dispersion des poissons et augmente les chances de toucher des grosses carpes méfiantes.

Finalement, pourquoi déranger 80 % du cheptel de carpes qui ne nous intéresse pas, au lieu de se concentrer sur les 20 % de poissons trophées ? Cette technique de pêche de la carpe demande toutefois une excellente lecture de l’eau, une bonne connaissance du plan d’eau et une compréhension fine des déplacements des carpes.

À noter que cette carpe miroir de 27 kilos et cette carpe cuir de 32 kilos font partie de mes plus gros poissons capturés en eaux du domaine public. Hasard ? Dans la pêche de la carpe, et plus encore dans la pêche à une canne, le hasard a rarement sa place.


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