La plus belle fin de saison de ma vie : 30 carpes en 17 nuits, dont 4 spécimens de plus de 30 kg
- Jérémy Darré

- 12 févr.
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 févr.
Tout commence début novembre sur une nouvelle destination : un lac.
Je commence par faire une reconnaissance des lieux en faisant tout le tour. Une fois que le visuel est fait, je décide d’ouvrir Maps et je me rends compte qu’il y a plusieurs sources d’entrée d’eau. Il y a un poste qui attire mon attention. Un poste très restreint, où il n’y a pas une grosse ouverture de pêche et même très inconfortable pour s’installer puisque, avec les fortes pluies du mois d’octobre, le poste était un peu inondé et très boueux.

Heureusement pour moi, je fais beaucoup de nuits dans mon camion, ce qui me permet de rester sur un chemin dur. Maintenant que mon poste de pêche est choisi, je décide de faire un sondage du bord à la canne, juste avec un plomb à l’ancienne, pour me rendre compte des différences de substrat et des potentielles cassures.
Il faut savoir que devant moi, il y a un grand plateau avec peu de fond, environ 1 m, et juste derrière, la différence de profondeur commence à apparaître. Je commence bien évidemment à gratter le substrat avec ma canne, munie de tresse. Juste derrière cette cassure, j’arrive à ressentir le moindre petit caillou qu’il y a au fond. Je continue à gratter et je m’aperçois que le fond est plutôt mou. En poursuivant le sondage, je tombe sur une grosse zone de fond dur.
Mon choix a vite été fait :
Juste derrière la cassure, je décide de placer une canne avec une wafter. En ce qui concerne le montage carpe, je vous invite à lire l’article que j’ai écrit sur mon montage et le Beak Hook S.
Pour ce qui concerne la canne en face de moi, je décide d’aller chercher plus loin que la première cassure derrière le plateau. Je m’aperçois qu’il y a une cassure qui descend à environ 8/9 m. Et derrière celle-ci, il y a une autre cassure qui descend à 13 m. Je décide donc de pêcher le plateau intermédiaire.
Sur cette canne-là, je décide de mettre une bille hard, avec de la pâte d’enrobage, en plein milieu de l’amorçage.

En pêchant uniquement du bord avec mes 10 pieds 2,75 lbs, j’accompagne toujours mes montages avec un stick de trois bouillettes écrasées.
Plutôt habitué aux pêches de rivière et de fleuve, j’ai la main plutôt lourde. Je décide de mettre 1 kg de bouillettes par canne, malgré le fait que nous soyons début novembre, à l’approche de l’hiver.
Pour le premier week-end, je réussis à faire deux carpes en deux nuits. Je me dis que le poste est prometteur : un poisson d’une dizaine de kilos et un autre poisson de 19 kg.
Instinct du pêcheur de carpe ou sens de l’eau…
Je ne pourrais pas le dire, mais ce qui est sûr, c’est que je décide de faire plusieurs sessions de pêche de la carpe sur deux mois. Ce qui allait se passer par la suite, j’étais loin de l’imaginer. Avant de partir le dimanche, je remets 5 kg d’appâts pour moi le week-end d’après. Tout en gardant les mêmes spots, je replace exactement mes cannes à l’identique. Il y a un spot sur la canne en face de moi qui déroule plutôt régulièrement, avec une moyenne de poissons qui commence clairement à augmenter.
Sur le spot de gauche, durant deux week-ends, il ne se passe absolument rien, malgré mes efforts et le fait que je rajoute des appâts régulièrement. Rien n’y fait. Plutôt du style acharné, je n’abandonne absolument pas ce spot. Je décide de venir faire une nuit entre deux journées de travail et, sur la nuit, il ne se passe absolument rien.
Au petit matin
Je me réveille pour ne pas être en retard au travail. Il me restait une demi-heure de pêche de la carpe. La canne de gauche commence à s’emballer, la tresse s’emmêle avec le swinger, la carpe ne peut plus tirer le temps que j’enfile mes waders. J’ai peur que celle-ci parte à l’eau. Je prends contact, connaissant très bien mes cannes à carpe depuis 15 ans que je les ai. Je me rends tout de suite compte qu’il y a un gros poisson.
Un combat titanesque commence.
Le poisson part en toute furie sur la droite, puis sur la gauche, puis en face, puis à nouveau sur la droite, puis sur la gauche. Quand je vois le poisson monter, mes jambes commencent à trembler, mes bras aussi. Je suis complètement en stress au vu de la grosseur du poisson. Je demande de l’aide à un ange qui nous a quittés trop tôt. Je sors mon téléphone de la poche, histoire d’avoir un souvenir mémorable de cette touche, et j’ai bien fait puisque ce poisson fait 30 kg : je viens de battre mon record personnel et de faire mon premier poisson de 30 kg.

Non mais Allô !...
Mon premier réflexe a été d’appeler le boss de mon partenariat, « Mickael Valette », pour fêter ma joie, puisque quelques jours avant nous en avions parlé. Ça a été des émotions extraordinaires que nous avons ressenties tous les deux. Je ne pourrai pas décrire ce moment, puisqu’il se vit et ne peut pas se raconter…
Trois jours après, c’est le week-end. J’ai décidé de revenir et de continuer sur les deux spots, ainsi que mon amorçage. Ce qui est sûr, c’est que les poissons sont clairement rentrés sur mon amorçage. Plus les week-ends passaient, plus les poissons rentraient, et toujours dans le même esprit : les poids augmentaient sur le peson. Il y a bien quelque chose qui se différencie entre mes nuits en semaine, entre deux journées de travail, et celles du week-end.
Deux semaines après
Ayant la possibilité de poser des jours de congé au travail, je décide d’y aller pour faire quatre nuits.
En arrivant le jeudi à 14 h, je pose mes cannes, toujours en gardant les mêmes spots, les mêmes esches et le même style d’amorçage.
C’est le samedi 20 novembre que je réalise une nouvelle fois un nouveau record, puisque ce poisson fait 33 kg. J’étais clairement dans un autre monde, sur une autre planète, et tout excité par ce nouveau record.
Inutile de préciser que chaque week-end, j’y allais pour faire au minimum deux nuits.

Deux autres semaines plus tard
J’ai décidé de retourner faire une nuit en semaine. Une seule touche sur cette nuit-là, et la touche à ne pas louper. En arrivant à 22 h, je garde toujours mes cannes clippées sur mes spots. Rentré dans une routine avec un stick, une wafter sur une canne, une bille hard sur l’autre canne. Une heure après, pendant que je me faisais à manger, la canne de gauche démarre. Encore un sacré combat, et au vu de la courbure de mes cannes à carpe, je savais pertinemment qu’il y avait un nouveau client !

Un combat de nuit mémorable et, une fois dans l’épuisette, je mets tout en place pour peser ce poisson. Peson taré, poids du sling retiré, je commence à lever le peson, les bras tremblants, et je m’aperçois que ce poisson fait 31,2 kg.
Jusqu’ici, je n’arrivais pas à réaliser ce qu’il m’arrivait. Je dois être honnête avec vous : ce poisson m’a clairement fait frissonner tout le corps et une émotion est montée, au point que j’ai lâché quelques larmes…
Des larmes de joie, de soulagement et, à la fois, la récompense de tous ces efforts fournis pendant ces derniers mois de l’année.
Le week-end d’après, je décide de revenir sur le même poste et je réalise un nouveau record commune : un poisson de 27 kg. Ça me changeait clairement des grosses miroirs.

Le week-end suivant
Toujours pareil, les poissons rentrent sur l’amorçage et je continue à faire des poissons plus petits. Je décide alors de ne pas pêcher la semaine et de laisser le spot se reposer. Le week-end d’après, je veux revenir, et manque de chance pour moi, quelqu’un est sur mon spot : c’est le jeu du domaine public, malheureusement.
Je décide de me décaler sur le lac, de refaire un nouveau sondage et de pêcher approximativement dans la même couche d’eau. Le week-end n’était pas perdu pour moi, puisque j’ai réussi à faire cinq poissons en deux nuits.
Avant de partir, je décide de remettre des bouillettes sur mon spot habituel et de le laisser reposer un week-end complet, puisque la semaine de Noël, je viendrai y faire trois nuits.
Le père Noël est encore passé
Je reprends les mêmes habitudes, en décidant d’amorcer un peu plus légèrement au bout de trois heures. Je réussis à faire une miroir de 15 kg. Dans la nuit de noël, je fais un poisson de 30 kg et, au petit matin, un deuxième poisson de 30 kg.

J’avais clairement mon cadeau de Noël, pour mon plus grand plaisir. Un gros vent du nord avec un soleil du sud : les images étaient simplement exceptionnelles.

Une campagne d’amorçage de deux mois qui se termine.
17 nuits pour 30 carpes, avec une moyenne totalement indécente !
Un souvenir gravé à jamais dans la mémoire d’un pêcheur de carpe passionné. Au-delà des poids, il y a une certaine satisfaction personnelle par le nombre de touches et la capacité à répéter la même routine pendant des semaines et des semaines, chose qui n’est pas facile quand on a la bougeotte.

Qui n'a jamais rêvé de réaliser une fin de saison comme celle-ci ?



Une Énorme fin de saison , une session de rêve 💪💪💪💪🔥🔥🔥