Petite histoire de la pisciculture moderne au XIXᵉ siècle : deuxième partie
- Jean François Malange

- 10 janv.
- 24 min de lecture
Des années 1850 à 1870 : la période impériale, un âge d’or. Le Second Empire est une période féconde dans le domaine des aquacultures. Napoléon III a soutenu les efforts de recherche à un niveau jusque-là jamais atteint, appuyant une politique d’expérimentation censée fournir une impulsion décisive à une industrie naissante, celle de la culture des eaux.

A partir des années 1852 / 1853, le nom de Victor Coste devient incontournable pour une quinzaine d’années dans l’histoire des aquacultures françaises. Il a bénéficié d’un grand soutien financier et institutionnel qui lui a permis de mettre en œuvre des implantations scientifiques visant au même but : la maîtrise de la reproduction des espèces.
Victor Coste et Huningue le « château des poissons »
Encensé par les uns, voué aux gémonies par les autres, Victor Coste a joué un rôle essentiel dans la mobilisation et les moyens mis en œuvre contre le dépeuplement. Né le 12 mai 1807, il s’intéresse d’abord aux eaux douces avant de se focaliser sur les littoraux et en particulier sur l’ostréiculture[1]. Il est nommé professeur d’embryologie comparée au collège de France en 1844 et entre à l’Académie des sciences en 1851. Il est très proche de la famille impériale puisqu’il était le médecin personnel de l’impératrice Eugénie. Cette proximité lui permet d’obtenir des fonds afin de fonder en 1852 l’établissement de pisciculture de Huningue (pisciculture d’Etat situé dans l’actuel département du Haut-Rhin). Il est chargé en 1852 de constater les résultats des fécondations artificielles effectuées par Gehin ainsi que « d’acclimater le saumon dans le Rhône[2] ». Il est en même temps amené à explorer le littoral de France et d’Italie afin de déterminer dans quelles conditions on peut tenter des essais de grande ampleur de propagation et d’acclimatation des animaux marins. Coste descend le Rhône, visite les lagunes et étangs littoraux du Roussillon, du Bas-Languedoc et de Provence avant de se rendre en Italie[3]. A son retour, il rédige un rapport intitulé Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de l’Italie paru en 1855 (une deuxième édition plus complète paraît en 1861). En avril 1862, il est nommé inspecteur de la pêche fluviale, et en mai de la même année, inspecteur général de la pêche côtière et maritime, poste supprimé depuis la mort de Noël de la Morinière en 1822[4]. Il s’attache alors à des tentatives d’enquêtes nationales et à la rédaction de nouveaux règlements sur la pêche maritime. Mais la réalisation qui pour nous est la plus importante est l’ouverture d’Huningue.
En 1851, Heurtier, alors conseiller d’Etat et directeur général de l’agriculture et du commerce, charge Victor Coste en 1851 / 1852 d’évaluer les travaux de deux ingénieurs des Ponts et Chaussées nommés Berthot et Detzem. Face au rapport élogieux de Coste, un nouvel établissement de pisciculture est créé par décision ministérielle du 5 août 1852 : c’est la pisciculture d’Etat d’Huningue, surnommé « le château des poissons[5] ». Sa mission est de coopérer au repeuplement des eaux douces françaises, aussi bien publiques que privées, par la distribution d’œufs fécondés et d’alevins d’espèces de poissons jugées bénéfiques et rentables (truites communes et saumonées, omble chevalier, saumon du Rhin). Cet établissement, le plus grand d’Europe, coûta en neuf ans, de 1853 à 1862, plus de 265 000 francs-or ; somme considérable pour l’époque. Quant aux dépenses d’exploitation, on les estimait alors en 1853 et 1862 à 55 000 francs-or par an. Les œufs récoltés à Huningue étaient envoyés un peu partout en France et en Europe. De 1852 à 1862, 1 600 demandes d’envoi d’œufs embryonnés furent satisfaites.
Les deux tableaux statistiques tirés d’un rapport écrit par M. Coumes, alors directeur d’Huningue, prouvent le succès et l’augmentation des demandes d’œufs, demandes aussi bien publiques que privées, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du territoire français. Les archives départementales permettent encore de vérifier cette dynamique au niveau local : par exemple le 25 janvier 1857, l'ingénieur en chef du département écrit au préfet du Gers pour confirmer la bonne réception des œufs de truite en provenance de Huningue qui selon lui représente « un grand service à rendre à ce pays et une précieuse ressource alimentaire à lui créer pour l'avenir[6] ». V. Coste se sert d’Huningue pour produire des œufs de différentes espèces et pour tenter des expériences. Par exemple, en 1864, il informe sa hiérarchie qu’il a fait des essais d’acclimatation du saumon du Danube dans la Marne et qu’il a « confiance dans le succès de cette entreprise[7] ». Dix-huit ans après sa création, au moment où on dut le céder à l’Allemagne par le traité de Francfort, il avait produit de 90 à 100 millions d’œufs embryonnés[8]. C’est près d’Huningue que fut prise la plus ancienne photographie mondiale d’une fécondation artificielle en présence d’ingénieurs des Ponts et Chaussées en uniformes, photographie doublement intéressante par son ancienneté (1868) et sa valeur technique remarquable. Dans les actions courantes, on peut citer des essais d’acclimatation de huchons, d’ombles chevaliers, de corégones, mais avec plus ou moins de réussite. On mit des corégones[9] du lac de Constance dans la Saône et la Seine. Parmi les réussites incontestables il faut citer l’introduction des corégones dans le lac Chauvet (Puy-de-Dôme) et dans le lac des Settons qui se sont conservées jusqu’à une vidange il y a un peu plus de vingt ans. Le succès et la renommée de Huningue se mesurent aussi aux envois d’œufs à l’étranger, qui lui confèrent un rayonnement international : Angleterre, Autriche, Bavière, Belgique, Brésil, Espagne, Etats-Unis, Hesse, Hollande, Mexique, Piémont, Prusse, Portugal, Russie, Suisse.
Désignation des campagnes d’automne et d’hiver | Demandes d’œufs inscrites
| Demandes d’œufs servies
|
1854-1855 | 62 | 38 |
1855-1856 | 103 | 42 |
1856-1857 | 239 | 191 |
1857-1858 | 239 | 238 |
Désignation des campagnes d’automne et d’hiver | Départements français ayant bénéficié des distributions d’oeufs | Pays étrangers ayant bénéficié des distributions d’oeufs |
1854-1855 | 21 | 3 |
1855-1856 | 27 | 2 |
1856-1857 | 59 | 9 |
1857-1858 | 73 | 10 |
Tableaux des demandes d’œufs faites à Huningue entre 1854 et 1858[10]
En 1868, le docteur Séré estime que « notre grand établissement de pisciculture français a servi de point de départ à la création d’établissements semblables en Suisse, en Allemagne, et dans diverses contrées du globe. Fondé pour transporter dans le domaine de l’application une découverte physiologique, qui, du laboratoire du collège de France et du domaine de la science pure, a passé dans celui de la pratique administrative, il est devenu le point de départ d’un grand établissement d’utilité publique digne de la science, de la grande administration des Ponts et Chaussées et de la France qui a convié le monde entier à tirer parti d’une expérience préparée à Huningue dans les meilleures conditions, pour être livrée et abandonnée à l’initiative de la pratique individuelle[...] La culture de l’eau peut-elle se développer sur ces bases par la seule initiative individuelle et avec les conditions qui sont faites à la propriété aquatique, je ne le pense pas. L’esprit public étant habitué en France à trouver dans les administrations d’intérêt général ou local aide ou répression, on s’en rapporte à elles au lieu de se développer soi-même et de se protéger par simple appui du code civil sur la propriété. N’est-il pas plus sage d’appliquer administrativement d’abord, et attendre plutôt que de songer à imiter les autres pays où la liberté individuelle et l’initiative sont plus que chez nous dans les moeurs [11]? »

Suite à la défaite française de 1870, la pisciculture d’Huningue devient allemande et toutes ses installations rapidement annexées tant physiquement qu’intellectuellement au nouvel empire. Elle devient donc « Kaizerliche Fischzucht Anstalt », effaçant ainsi toute trace des efforts français dans ce domaine. Les envois deviennent payants et s’orientent surtout vers l’Allemagne et l’Europe centrale. Le nouveau directeur Hermann Haack fut un fervent promoteur de l’introduction des espèces américaines en Europe, en particulier la truite arc-en-ciel qui devient à partir des années 1880 la truite d’élevage par excellence. En 1905, Huningue devint un établissement privé. La chute du régime impérial, auquel il était si lié, valut à Victor Coste de tomber en disgrâce[12]. Il mourut le 19 septembre 1873.
A travers ces quelques repères historiques, on voit combien Huningue incarne l’enthousiasme et l’important mouvement social en faveur de la pisciculture. C’est bien que cette nouvelle science a entretenu tous les espoirs pendant toutes ces années. Dès les années 1850, l’Etat français a tout mis en œuvre pour vulgariser et populariser les techniques de pisciculture en direction du plus grand nombre. Le 16 septembre 1850, très certainement dans le but d’anticiper certaines missions de Gehin, chaque préfet reçoit une circulaire l’invitant à reproduire pour tout ou partie, le rapport de Milne Edwards, alors mandaté par le gouvernement pour faire un bilan sur « l’empoissonnement des rivières ». Le département du Rhône conserve dans ses archives un exemplaire imprimé de cette circulaire et de ce rapport[13]. Les archives nationales quant à elles conservent le manuscrit original[14]. Cette entreprise et cette volonté de vulgarisation furent de longue haleine puisqu’on retrouve souvent aux archives départementales des exemplaires des Instructions pratiques pour le repeuplement des cours d’eau apparemment envoyées à tous les préfets, comme c’est encore le cas dans le département du Rhône par exemple, le 4 mai 1860[15]. Ce petit opuscule traite de façon simple et synthétique du problème du dépeuplement et des meilleurs moyens d’y remédier. On peut dire sans trop de risque qu’il reprend ce qui s’est écrit de plus simple et de plus clair sur le sujet. Mais le développement de la pisciculture se constate aussi au niveau des sociétés savantes.
Les sociétés savantes : l’exemple du sud français et de la Société Impériale d’Acclimatation
Le mouvement piscicole pour les eaux douces françaises est dès lors lancé, notamment auprès des élites. Celles-ci, se sont d’ailleurs intéressées, dès la fin du XVIIIe siècle aux progrès de l’agriculture. Dans les années 1840, on note l’apparition des comices agricoles[16]. Après la relative médiatisation des découvertes de Rémy et Gehin, la diffusion des pratiques de pisciculture s’est faite au niveau local par l’intermédiaire des sociétés savantes. La pisciculture trouve d’abord un accueil enthousiaste auprès des sociétés d’agriculture.
Dans les procès-verbaux des commissions de pisciculture mises en place par le pouvoir dès 1852, on retrouve une importante correspondance entre Paris et une multitude de départements témoignant de la vivacité et de l’intérêt pour ces découvertes scientifiques. Par exemple, M. Théron, secrétaire de la société agricole et industrielle du département du Lot, écrit aux autorités compétentes car il a remarqué, dans la circulaire du 25 novembre 1850 (insérée au n° 373 du recueil administratif), l’importance que le gouvernement attachait « avec juste raison aux procédés employés par MM. Géhin et Rémy, pêcheurs des Vosges, pour faire éclore artificiellement des œufs de truite[17] ». L’enthousiasme de ces quelques Lotois est tel qu’ils ont à leur tour tenté des expériences mais sur la carpe : « La découverte de M. Théron tend à faciliter de manière étonnante la reproduction de la carpe, l’un des meilleurs poissons d’eau douce, qui se développe rapidement et qui acquiert un volume considérable, soit dans nos rivières, soit dans nos étangs ou réservoirs particuliers[18] ». Ces apprentis pisciculteurs semblent convaincus du bien-fondé de leurs actions et demandent bien évidemment une aide sous forme de subventions afin de continuer leurs recherches. Certains membres de la noblesse d’argent vont même jusqu’à planifier la construction de piscicultures privées, comme la pisciculture crée en 1849 par M. le comte de Galbert, à la Buisse (Isère)[19]. Victor Coste avait bien saisi l’intérêt de ces élites pour les nouvelles découvertes qualifiées de scientifiques : il a tout fait pour favoriser et encourager toutes les actions individuelles dans le sens du développement de la reproduction artificielle.

En 1864, c’est la société d’agriculture de Haute-Garonne qui propose une étroite collaboration à Victor Coste pour entreprendre le repeuplement de tous les cours d’eau du département[20]. Coste, alors inspecteur général des pêches, accueille cette proposition avec enthousiasme et insiste auprès du ministère de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics pour donner une suite favorable à cette proposition de collaboration (voir encadré ci-dessous). Si le Second Empire encourage le développement de la pisciculture, c’est que l’Etat cherche depuis plusieurs années les moyens d’améliorer la production des ressources alimentaires. Les élites savantes locales sont donc un relais idéal dans cette quête de solutions efficaces pour régler ce problème, donnée que semble avoir parfaitement saisi Victor Coste. Les sociétés d’agriculture et autres sociétés savantes incarnent les ancêtres des sociétés de pêcheurs à la ligne qui se constituent massivement à la fin du XIXe siècle. Si on se fie au témoignage de Coste, le dévouement de ces hommes pour la pisciculture est sincère et peut servir de déclencheur à l’échelle nationale. La pisciculture est une affaire d’Etat qui, de façon volontaire et incitative, entend la développer sur le tout territoire dans un but clairement économique. On retrouve la même analyse socio-culturelle de la part des responsables étatiques à propos de la constitution des sociétés de pêche des années 1890 / 1900. Ce rôle relativement spontané des acteurs locaux est avant tout le reflet d’une volonté nationale, on ne peut mieux incarnée par la Société Impériale d’Acclimatation.
La Société Zoologique d’Acclimatation est fondée le 10 juillet 1854 par un professeur du Muséum, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Entre cette date et 1861, c’est un véritable « âge d’or » selon les dires de Michael A. Osborne : 2 654 membres sont recrutés et elle reçoit le précieux patronage de Napoléon III, devenant de fait société impériale[21]. En 1860, le jardin zoologique d’acclimatation ouvre ses portes au Bois de Boulogne. Cependant à partir du décès de Geffroy saint-Hilaire, les relations avec le Muséum se tendent. Ce dernier craignait apparemment que les fonds soient plus accordés à une zoologie qu’à une activité scientifique descriptive dont il était le spécialiste[22]. De plus, les multiples expérimentations, tous azimuts, menées par les membres de la société ne faisaient sans doute pas l’objet d’une rigueur scientifique systématique. On notera cependant que la Société s’est particulièrement intéressée au monde aquatique de façon générale et à la pisciculture en particulier.
Lettre de Victor Coste au Ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics, 2 avril 1864 à propos des propositions de la société d’agriculture de la Haute-Garonne[23] :
« La société d’agriculture de la Haute-Garonne est disposée à entreprendre le repeuplement de tous les cours d’eau de son département. Mais avant de se constituer en compagnie d’exploitation, elle demande si après l’expiration des fermages partiels, l’administration consentirait à une amodiation générale et à long terme. A mon avis, Monsieur le Ministre, cette proposition doit être accueillie avec le plus grand empressement. Une association fondée dans une pensée généreuse bien plus que dans l’espoir d’un bénéfice, offre les meilleures conditions pour le succès d’une entreprise de ce genre. Les hommes qui la composent auront une influence salutaire sur l’esprit des populations peu habituées jusqu’ici à ménager les ressources alimentaires que la pêche fluviale peut fournir. La durée du fermage et l’étendue de la concession permettront de consacrer avec sécurité à la réalisation de cette utile entreprise tous les capitaux nécessaires, comme pour une exploitation agricole. Ce sera un excellent exemple et peut être le signal de l’entraînement de l’industrie dans la voie où l’Angleterre s’engage avec tant de profits. J’ai donc l’honneur, Monsieur le Ministre, de recommander à toute la bienveillance de votre Excellence, la proposition de la société d’agriculture de la Haute-Garonne ».
Le but et les actions de la Société ne peuvent pas être mieux décrits que par l’un de ses membres. En 1865, C. Millet écrit que « le dépeuplement des lacs et des cours d’eau est l’objet de l’incessante et bienveillante sollicitude de la Société d’Acclimatation, son bulletin contient à cet égard divers travaux, notamment un rapport que j’ai eu l’honneur de lire dans la séance du 28 mars 1856, au nom d’une commission spéciale sur les mesures à prendre pour assurer le repeuplement des eaux en bonne espèce de poissons[24] ». Dès la fondation, il existe au sein de la Société sept sections : mammifères, avicultures ; poissons, crustacés, annélides ; insectes, végétaux. La Société finance des missions d’études, comme celles menées en 1863 sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée relatives à la fécondation artificielle des poissons de mer. Elle décerne aussi des prix et des médailles couronnant les concours qu’elle organise, comme par exemple, la médaille de première classe accordée à un certain Caillaud et un autre nommé de Maude « le premier pour avoir continué avec persévérance ses succès en pisciculture fluviale et marine, le second pour avoir poursuivi ses intéressantes expériences sur le saumon, le hareng et la morue en Suède et en Norvège, et sur l’éducation du saumon en eau douce, et particulièrement dans les grands lacs de Suisse, de Savoie et de France[25] ». Largement informé sur les expériences menées dans le monde entier, son Bulletin regorge d’articles et de compte-rendus de conférences, ouvrant volontiers ses pages aux expérimentateurs qui le souhaitent. Sa consultation approfondie est sans doute l’une des clés pour comprendre la diffusion sur le territoire des techniques aquacoles dans la deuxième moitié du XIXe siècle (y compris dans les colonies et tout particulièrement l’Algérie).

La Société d’Acclimatation reflète également la tendance forte de cette époque à lister de façon exhaustive toutes les connaissances relatives à l’histoire de la Terre. On peut prendre l’exemple du monumental Dictionnaire universel d’histoire naturelle de Charles d’Orbigny édité dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec l’aide des plus éminents spécialistes de l’époque (voir reproduction de la page de garde du volume 1). On y retrouve bon nombre de spécialistes de la pisciculture et des poissons, membres de la Société d’Acclimatation, tels que les représentants de la famille Milne Edwards. C’est bien ce qu’affirment aux lecteurs les éditeurs de ce Dictionnaire : « Cette ardeur de connaître n’a jamais été plus vive qu’à notre époque de recherche et de découverte. C’est pour satisfaire cet ardent désir que le Dictionnaire a été publié. Ce Dictionnaire résume tous les documents d’Histoire naturelle disséminés dans tant d’ouvrages. On a puisé à toutes les sources, les rédacteurs sont pour la plupart ceux-là mêmes qui ont le plus contribué au développement de la science actuelle et à sa vulgarisation[26] ». L’analyse approfondie de toute cette littérature permettrait sans doute de comprendre le semi-échec du développement de la pisciculture à partir des années 1870.
L’échec de la pisciculture ?
Un article paru dans le Moniteur Universel du samedi 21 mai 1864 tirait déjà la sonnette d’alarme : « malgré tous les efforts de la science, malgré les millions d’œuf fécondés qui ont été introduits dans nos rivières, malgré la surveillance exercée pour protéger les éclosions naturelles, tous ces sacrifices , toutes ces peines, tous ces soins ont été à peu près perdus ; si j’en juge par ce qui se passe dans les départements que j’ai pu visiter et par les renseignements qui m’ont été fournis, à très peu d’exceptions près, il n’y a pas de cours d’eau où la quantité de poisson ait augmenté sensiblement. Messieurs ce fâcheux résultat est dû ce que la loi sur la pêche est insuffisante pour arrêter le braconnage[27] ». Toute une frange de l’élite savante a très vite tiré à boulets rouges sur Victor Coste, l’accusant d’avoir dilapidé des fortunes dans des expériences et des actions qui n’ont jamais abouti. Une caricature de Daumier (voir document ci-dessous) de 1856 donne le ton quant aux attaques dont il a fait l’objet. .
Un homme en redingote est figuré en train de jouer de la flûte, tel un charmeur de serpent. Cet homme est facilement identifiable à Victor Coste : celui-ci est au Collège de France et, selon la légende, perfectionne l’éducation des poissons fraîchement nés grâce à la pisciculture. Ceux-ci sont représentés soumis et dansant autour de leur maître qui leur donne le rythme. Ces poissons sont si exceptionnels qu’ils peuvent sortir de leur bac d’eau et faire la farandole sur la terre ferme. Daumier se fait ici l’écho d’une frange de la société de l’époque. Il est clair que l’ascension sociale fulgurante de Victor Coste a très vite alimenté la diatribe populaire. Mais par ce dessin, Daumier tourne également en dérision les prétentions et les objectifs même de la pisciculture moderne, à savoir recréer du sauvage de façon artificielle. Entre le milieu du XIXe et la première décennie du XXe siècles, la faune sauvage fascine les hommes et constitue l’objet de nombreuses études et expérimentations. Dans ce contexte large, la faune aquatique tient une place de choix. C’est bien cette prétention que Daumier dénonce : les savants spécialistes en pisciculture ont cru dans la toute puissance créatrice des sciences. Au-delà des débats, des jugements et des prises de position tranchées, ce qui semble clairement se produire dans la deuxième moitié du XIXe siècle est une mutation marquée des relations des hommes à leur environnement. Les actions sur le milieu aquatique sont directes et, de fait, le « sauvage » aquatique est profondément modifié par l’alevinage massif de salmonidés, par l’acclimatation d’espèces de poissons en des lieux où elles n’étaient pas présentes jusque là. A partir des années 1840, le sauvage aquatique fait donc l’objet de toutes les attentions. Pourtant, les succès tant espérés n’ont pas vraiment été au rendez-vous. Mais pourquoi ?
En 1879, H. Bout dans sa Notice historique sur la pisciculture explique les échecs et les déceptions relatives à Huningue : pour lui, un seul établissement d’Etat de pisciculture ne pouvait faire face à une aussi grande demande et à une aussi grande diversité de situation[28]. L’une des raisons de l’échec du développement de la pisciculture serait donc dû au manque d’établissements spécialisés en dehors d’Huningue et aux coûts astronomiques que constituaient les distributions gratuites d’œufs et d’alevins aux quatre coins de la France. En 1879, la pisciculture n’a manifestement pas atteint les objectifs fixés par le Second Empire.
En 1888, C. Millet souligne qu’au moment où il écrit, la pisciculture soulève les passions depuis plus de vingt ans pour rempoissonner les cours d’eau : « On a cru trouver des moyens dans l’emploi de la fécondation artificielle des œufs de poissons, et pour bon nombre de personnes, la culture de l’eau se résumait dans la pratique de cette méthode. Dès l’année 1854, j’ai clairement exprimé mon opinion à cet égard, voici ce que je disais : la pisciculture ainsi que l’indique son nom, a pour objet la culture ou l’élevage du poisson. Dans ces derniers temps on a cru généralement que la pisciculture consiste uniquement à féconder des œufs de poissons ; c’est une erreur. La fécondation artificielle, au lieu d’être une partie essentielle de la pisciculture n’en est, au contraire qu’un instrument assez restreint, car dans ses applications pratiques, on ne peut l’utiliser que pour un certain nombre d’espèces de poissons[29] ». Après vingt ans de pratique, les résultats sont donc présentés comme peu concluants, en particulier pour certaines espèces de poissons (les salmonidés : truite et saumon essentiellement). À la fin du XIXe siècle, on commence à se rendre compte que la fécondation n’est qu’une étape et qu’un outil au service des sociétés pour lutter contre le dépeuplement. C. Millet entend inclure la pisciculture dans un processus plus global de prise en compte de la vie aquatique française. Pour lui, il ne suffit pas de créer artificiellement du poisson, il faut surtout agir pour le conserver. Les savants du XIXe siècle auraient donc échoué du fait de l’absence d’une conception « systémique » du dépeuplement des cours d’eau[30]. La France, pays pionnier en matière de pisciculture moderne, serait-elle finalement le mauvais élève du XIXe siècle aux échelles européenne et mondiale ? « Ce n’est point en France seulement que s’est produit le dépeuplement des eaux douces, mais partout à peu près, dans notre vieille Europe, et même jusque dans le nouveau monde[31] ». Les savants du début du XXe siècle semblent avoir un regard analytique sur la pisciculture depuis ses débuts et une volonté comparative. Il n’est donc pas inintéressant d’évoquer le problème du dépeuplement / repeuplement à l’étranger.
La pisciculture française au XIXe siècle en Europe et dans le monde : modèle ou en retard ?
Les îles britanniques ont servi de modèle aux pêcheurs français amateurs : les Britanniques ont une sensibilité toute particulière à l’égard de la nature en général, et des poissons en particulier. Le thème du dépeuplement a également été d’actualité car c’est apparemment à partir de 1842 que commença à s’organiser la surveillance de la pêche, en Irlande d’abord (comme il a été indiqué précédemment dans le sous-chapitre sur la législation), puis en Angleterre et en Ecosse. Les Britanniques ont manifestement fait le choix d’axer leur production piscicole sur la multiplication du saumon par les moyens naturels et artificiels[32]. Les îles britanniques sont divisées en districts ou associations de pêche (d’initiatives privées) qui embrassent un ou plusieurs bassins de rivières. Les propriétaires riverains, les concessionnaires du droit de pêche et les pêcheurs forment des associations qui subviennent aux frais de surveillance et de pisciculture[33]. Chaque association possède un conseil électif. L’Etat constitue une forme d’autorité supérieure, munie de pouvoirs étendus, chargée de surveiller les associations et de gérer les conflits et les difficultés. L’administration gérant les problèmes piscicoles anglais est essentiellement incarnée par des commissaires-inspecteurs. Les spécialistes de l’époque estiment le nombre de districts à 44 en 1880 en Angleterre et dans le Pays de Galles, sachant que le nombre d’adhérents peut varier de quelques centaines à plusieurs milliers. En outre les Anglais ont créé un musée piscicole à Kensington et des laboratoires d’éclosion et d’élevage, à Keswick ou Windsor par exemple. Très vite les Anglais semblent avoir décrété que « la fécondation artificielle est inutile et que la reproduction naturelle peut seule assurer le repeuplement effectif des cours d’eau, pourvu que les lois sur la pêche soient strictement appliquées[34] ».

Qu’en est-il ailleurs en Europe ? En Allemagne, il semble qu’on se soit surtout occupé de la multiplication de la truite, de la carpe, de l’anguille et de l’écrevisse. En 1870, une grande association de pêche (le Deutsche Fischerei-Verein) fut créée avec pour objet le repeuplement général des eaux et le développement de l’industrie des pêches en eaux douces et salées[35]. Dès sa création cette association comptait plus de 1 000 membres. Cette société a manifestement été très active pour la modification des lois, la réalisation d’enquêtes sur l’état des cours d’eau, et le rempoissonnement. Elle a en outre favorisé l’ouverture de 149 établissements de pisciculture privée et la mise en place de cours de pisciculture pratique dans les écoles forestières et les écoles agricoles[36]. On voit donc combien les préoccupations françaises étaient réellement d’actualité. Mais c’est bien en Suisse, pays riche en cours d’eau et autres lacs, que l’exemple français fut le plus suivi, à la suite des découvertes de Rémy et Gehin. En Suisse, ce sont les cantons qui afferment le droit de pêche, soit par adjudication, soit à l’amiable. Chaque concessionnaire a l’obligation de verser, chaque année, dans son lot, un nombre déterminé d’alevins d’espèces désignées. L’engouement et l’intérêt pour la pêche et les poissons sont tels qu’est créée en 1883 par M. le professeur Asper, la Société suisse de pêche et de pisciculture[37]. Réorganisée en 1887 par M. le colonel Meister, son but est de « faire valoir le capital très grand que contiennent nos eaux suisses[38] ». Cette association nationale est composée de différentes associations, corporations, sociétés et syndicats de pêcheurs et pisciculteurs et de toutes les personnes qui travaillent au développement de la cause piscicole. Le vieux continent semble bel et bien engagé dans la même lutte contre le dépeuplement : la pisciculture moderne, initiée par la France, est apparue, au moins pour un temps, comme l’un des recours possible. Est-il possible de percevoir ce qu’il en était ailleurs dans le monde ?
Du côté de l’Asie, ce sont la Chine et le Japon qui, selon H. Bout, sont très coutumiers de la pisciculture : il affirme que les jeunes aussi bien que les anciens pratiquent l’élevage du poisson comme un véritable divertissement (en particulier l’élevage des carpes kois)[39]. Le continent américain, et particulièrement les Etats-Unis, se sont « adonnés avec intelligence et énergie au peuplement et eu repeuplement des rivières[40] ». L’Etat du Massachusetts, dès 1856, a entrepris les premiers essais de pisciculture, imité seulement en 1865, par le Vermont, le New Hampshire, le Connecticut et la Pensylvanie. En 1864, un certain Seth Green fonde un laboratoire à New-York sur l’exemple anglais. Le 9 février 1871 une résolution conjointe du Congrès favorise la naissance de l’association des pisciculteurs américains et la commission centrale des pêcheries des Etats-Unis. Cette association est d’abord connue sous le nom de « United States Commission of Fish and Fisheries », également appelée « US Fish Commission ». Cette mobilisation fédérale montre à quel point le thème du dépeuplement / repeuplement, et plus largement la gestion des milieux aquatiques, ont été pris au sérieux dans le nouveau monde. La consultation des comptes-rendus annuels nous apprend, sous la plume de M. Spencer F. Baird, que l’initiative d’une telle association est le résultat d’une forte incitation de l’Etat : « In pursuance of a joint resolution of Congress, I have the honor to present herewith a report of operations and inquiries prosecuted during the year 1871 in reference to the decrease of the food-fishes on the sea-cost and in in the lake of the United States[41] ». Cette entité, théoriquement indépendante, était mandatée pour enquêter sur les causes de la diminution des poissons et des animaux aquatiques des États-Unis dans les eaux côtières et intérieures. Elle devait recommander des solutions aux Congrès et aux États, et superviser les efforts de restauration. Elle a mené, par exemple, de vastes opérations d’alevinage de carpes, dans le nord-est des Etats-Unis en particulier[42]. Elle a donc procédé à des enquêtes approfondies sur les poissons, les crustacés, les mammifères marins des Etats-Unis. De 1871 à 1903, la Commission a produit un rapport annuel au Congrès détaillant ses efforts et les résultats obtenus. Elle s’est aussi intéressée à la faune aquatique de l’étranger : les membres les plus actifs de la US Fish Commission ont donc entretenu des correspondances avec le monde entier et plus particulièrement avec la France[43].
Cette évocation de la situation internationale de la pisciculture et du souci de gestion des eaux au XIXe siècle, nous amène à constater que partout une même inertie culturelle existe et qu’on a, peu ou prou, adopté la même démarche. Le dénominateur commun est bien la constatation de la diminution du revenu des pêches ou la volonté de tirer un profit important des cours d’eau. Ce sont avant tout des arguments économiques qui ont amené les hommes a se soucier du soi-disant dépeuplement et à trouver des solutions. L’apparition et le relatif succès à l’échelle mondiale de la pisciculture sont à concevoir dans ce cadre. Face à ces situations jugées désastreuses, les responsables étatiques, solidement épaulés par une part de l’élite savante, ont déterminé un certain nombre de causes à l’origine du dépeuplement. A partir des années 1850, on a expérimenté les procédés de pisciculture un peu partout avec plus ou moins de succès. La France est bien le pays d’où est parti l’exemple par le mouvement des années 1848 / 1865. Les laboratoires d’éclosion puis d’élevage, aussi bien publics que privés se sont alors développés.
Mais certains Etats sont allés plus loin et ont relevé le défi législatif : c’est le cas des Etats-Unis et de la Suisse et des Iles Britanniques en particulier. La législation relative à la propriété et à l’exploitation des cours d’eau a été revue, corrigée, modifiée, et bien souvent simplifiée, chose que les Français n’ont pas su faire. Malgré la création d’administrations spécialisées et la multiplication des textes, rien ne semble avoir franchement abouti, en pisciculture d’eau douce au moins et pour les eaux ouvertes. Pendant plus de 40 ans la France a produit, à grand renfort d’argent, beaucoup d’alevins qu’on a généreusement lancés dans les eaux. Mais les lois et surtout les pratiques de prélèvement et de prédation (légales mais surtout illégales) ont, dans le même temps, peu changé. Les Français du XIXe siècle, certainement convaincus du bien-fondé de leurs actions, ont surtout oublié de considérer le problème « environnemental » en termes de système[44]. Même si la notion d’ « écosystème » est forgée dans les années 1930, les critiques adressées au monde de la pisciculture français portent déjà, en germes, cette idée de la nécessité de considérer le milieu aquatique comme un tout.
[1] Tulard (J.), (dir.), Dictionnaire du Second Empire, Fayard, Poitiers, 1995, 1347 p., p. 302.
[2] Vivier (P.), Le centenaire du repeuplement artificiel des cours d’eau à truites, Paris, 1957, Station centrale d’hydrobiologie appliquée, 12 p.
[3] Coste (V.), Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de l’Italie, suivi de nouveaux documents sur les pêches fluviales et marines, 1861, imprimerie impériale, 2ème édition, 445 p.
[4] Levasseur (O.), « Les cultures de l’eau : la naissance des aquacultures en France au XIX° siècle », dans L’environnement au regard des sciences sociales, les sciences sociales à l’épreuve de l’environnement, Responsabilités et Environnement (Annales des Mines), n° 48, octobre 2007, p.85.
[5] Ibid.
[6] A.D. Gers, 4 M 45.
[7] A.N., F 14 13595, Rapports de M. Coste, membre de l’Institut, inspecteur général des pêches fluviales et de M. Coumes, inspecteur général des Ponts et Chaussées, 1862-1875.
[8] Notice historique sur l’établissement de pisciculture de Huningue, appartenant au gouvernement français et placé dans les attributions des Ponts et Chaussées, Strasbourg, Berger-Levrault, 1862, 143 p.
[9] Le corégone ou corégone blanc (Coregonus albula) est une espèce de poisson d'eau douce qui vit exclusivement dans les lacs alpins, encore assez mal connue, qui fait encore l'objet d'études, voir Keith (P.) et Allardi (J.) (dir.), Atlas des poissons d’eau douce de France, Paris, Patrimoines Naturels, Muséum national d’histoire naturelle, 2001, 387 p., p. 31.
[10] Coste (V.), Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de l’Italie, suivi de nouveaux documents sur les pêches fluviales et marines, Paris, imprimerie impériale, 2ème édition, 1862, p. 227.
[11] De Séré (Docteur), « Rapport sur l’établissement de Huningue et les services qu’il rend à l’acclimatation », Bulletin de la Société Impériale Zoologique d’Acclimatation, 2ème série, tome V, 1868, p.275.
[12] Archives de l’Académie des Sciences, dossier personnel Victor Coste.
[13] A.D. Rhône 7 M 470.
[14] A.N. F 10 1762, dossier Milne Edwards.
[15] A.D. Rhône 7 M 474.
[16] Mayaud (J.L.), La petite exploitation rurale triomphante, France, XIXe siècle, Paris, Belin, 1999, 278 p.
[17] A.N., F 10 1762 : Pisciculture, 1850-1856 : Commission de pisciculture. Nomination des membres et procès verbaux des séances (1851-1852).
[18] Ibid.
[19] BNF Richelieu, Cartes et Plans Ge D 3374.
[20] A.N., F 14 13595 : Législation générale. Rapports de M. Coste, membre de l’Institut, inspecteur général des pêches fluviales et de M. Coumes, inspecteur général des Ponts et Chaussées, 1862-1875.
[21] Osborne (M.A.), The Société Zoologique d’Acclimatation and the new french Empire : The Science and Political Economy of economic Zoology during the Second Empire, Madison, University of Wisconsin, 1987, 427 p. On consultera aussi Luglia (R.), « La Société d’Acclimatation et le « dépeuplement » des cours d’eau français (milieu XIXe – milieu XXe siècles) : constat d’une nature perturbée par les activités humaines et incapacité à agir efficacement », communication lors du Colloque de l’AHPNE - 23-24-25 septembre 2010 – Paris Une protection de la nature et de l’environnement à la française (XIXe-XXe siècles) ? En outre, nous remercions vivement Rémi Luglia pour nous avoir fait parvenir son manuscrit et nous signalons aussi qu’il prépare une thèse consacrée à " l'histoire de la protection de la nature en France (XIXe-XXe siècles) à travers le cas de la Société d'Acclimatation".
[22] Levasseur (O.), « Les cultures de l’eau : la naissance des aquacultures en France au XIX° siècle », dans L’environnement au regard des sciences sociales, les sciences sociales à l’épreuve de l’environnement, Responsabilités et Environnement (Annales des Mines), n° 48, octobre 2007, p. 87.
[23] Ibid.
[24] Millet (C.), Rapport sur les mesures relatives à la conservation et à la police de la pêche, Société impériale d’Acclimatation, Paris, au siège de la Société, 1865, 14 p.
[25] Bulletin de la Société impériale d’Acclimatation, T 9, 1862, p. CI.
[26] Avis des éditeurs de l’ouvrage suivant : D’Orbigny (C.) (Dir.), Dictionnaire universel d’histoire naturelle, Tome premier, Paris, Nouvelle édition, non datée (première édition 1841-1849 ) Abel Pilon et Compagnie éditeurs, 240 p.
[27] Lettre et article de M. Barbet, Le Moniteur universel, samedi 21 mai 1864.
[28] Bout (H.), Notice historique sur la pisciculture, Berger – Levrauly, Nancy et Paris, 1879, 34 p., p. 8.
[29] Millet (C.), Les merveilles des fleuves et des ruisseaux, Paris, Hachette, 1888, 363 p., p. 251 et suivantes.
[30] La notion d’ « écosystème » n’est créée que dans les années 1930 (voir Keith (P.) et Allardi (J.) (dir.), Atlas des poissons d’eau douce de France, Paris, Patrimoines Naturels, Muséum national d’histoire naturelle, 2001, 387 p., p. 31 et suiavntes). Néanmoins les arguments employés pour expliquer l’échec de la pisciculture à la fin du XIXe siècle montrent que cette idée commence déjà à germer.
[31] Gobin (A.), et Guénaux (G.), La pisciculture en eaux douces, Paris, 1907, Librairie J.-B. Baillière et fils, 348 p., p. 224.
[32] Ibid.
[33] Ibid.
[34] Ibid., p. 227.
[35] Ibid., p. 228.
[36] Ibid.
[37] Bulletin suisse de pêche et de pisciculture, juin 1902, Neuchâtel, p. 25-27.
[38] Ibid.
[39] Bout (H.), Notice historique sur la pisciculture, Berger – Levrauly Nancy et Paris, 1879, 34 p., p. 13-16.
[40] Gobin (A.), et Guénaux (G.), La pisciculture en eaux douces, Paris, 1907, Librairie J.-B. Baillière et fils, 438 p., p. 233.
[41] Les bulletins annuels de la US Fish Commission sont consultables en ligne : http://docs.lib.noaa.gov/rescue/cof/data_rescue_fish_commission_annual_report.htlm (citation tirée du bulletin de l’année 1871, p. 4).
[42] Sandiford (G.), “19th-century narratives about carp in Illinois : transformation of a species”, First World Congress of Environmental History, Copenhague, 4-8 août 2009.
[43] Le directeur de l’aquarium du Trocadéro, Jousset de Bellesme a par exemple écrit dans la revue de la US Fish Commission en 1896 à propos des nouvelles méthodes de pontes artificielles cité dans Bashford (D.), A bibliography of fishes, vol 1, New York, Russel and Russel, 1962 (première édition 1917), 718 p., p. 663.
[44] Keith (P.) et Allardi (J.) (dir.), Atlas des poissons d’eau douce de France, Paris, Patrimoines Naturels, Muséum national d’histoire naturelle, 2001, 387 p., p. 38-74 ;



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