Silure en France : derrière la polémique, que disent réellement les études ?
- Fabrice Duhamel

- 10 mars
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 mars
Vous l’avez certainement vu passé sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, le silure fait l’objet d’un projet de décret l’inscrivant sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques dans les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne. Une consultation publique est en cours et ce, jusqu’au 16 mars 2026. Ce décret ne classera pas le silure dans la catégorie « nuisible » mais il peut être une première étape. En analysant les différents documents et études réalisées ces dernières années, on se rend compte que le silure est loin d’être le problème principal auquel il est mis en cause.

Qu’est-ce qui a initié ce projet de décret ?
Sur la chaîne Youtube « Manu Glanis Puissance CAT », Manu, membre de l’association SGA, a étudié les documents officiels et nous précise que de 2016 à 2026, 13 questions parlementaires concernaient le silure. Une question en particulier a apporté une réponse clairement inquiétante pour l’avenir du silure en France : « Quelles solutions pour la régulation de la population de silures ? ». La question ne devrait-elle pas être « Le silure est-il une menace ? ».
Voici la réponse pour les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne : « Le classement du silure comme espèce susceptible de causer des déséquilibres biologiques, en application de l’article L.432-10 du code de l’environnement, et comme espèce exotique envahissante, en application de l’article L.411-5 du même code, permettrait d’interdire le « no-kill », c’est-à-dire la remise à l’eau des silures pêchés… ». Ce point de vue est validé par le CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature), organisme auquel le Gouvernement s’appuie. Ce dernier se base également sur les PLAGEPOMI (Plan de Gestion des Poissons Migrateurs) établis par les Comités de Gestion des Poissons Migrateurs (COGEPOMI). Le PLAGEPOMI Garonne-Dordogne intègre le silure dans la gestion des poissons migrateurs mais ne le désigne pas comme nuisible.

La suite de la réponse précise : « Partout ailleurs, la pêche du silure, sans remise à l’eau, doit être encouragée, à la fois par les pêcheurs de loisir et par les pêcheurs professionnels en eau douce. »
On peut se poser des questions sur l’objectivité du CNPN qui, en 2024, avait émis un avis défavorable sur la régulation du grand cormoran qui pourtant pose un réel problème en différents endroits (productions des piscicultures gravement attaquées, 8000 cormorans au lac du Der en période hivernale consommant plus de 300 000 tonnes de poissons, etc).
Et, le pire, dans ce même avis ils incriminent le silure et préconisent clairement son classement en « espèce exotique envahissante » ce qui interdit sa remise à l’eau. On le verra plus tard, cela n’est absolument pas justifié.
Le paragraphe suivant stipule : « Favoriser une filière de valorisation commerciale du silure, et soutenir les opérations de pêche expérimentale de régulation… ».
Le CNPN ferme les yeux sur les dégâts que cause le cormoran et transfert tout le problème sur le silure au détriment de toute la faune piscicole des eaux Françaises et des pisciculteurs. Je me demande quand-même s’il ne veut pas favoriser le développement de la pêche professionnelle car un tel classement assurerait de belles années à ce métier jusqu’à ce que la population de silure se réduise à « peau de chagrin ».
Précisons également, que le CNPN se base sur une étude menée sur seulement 60 silures pour lesquels des prélèvements de contenus stomacaux ont été réalisé. 43% de ces silures contenaient des poissons migrateurs. Pourtant, toutes les études préalables faites sur des milliers de silures depuis les années 80’ montrent que 70 à 80% de ces poissons avaient l’estomac vide. N’y a-t-il pas mensonge par omission ? En effet, 43% de 20 à 30% de silures ayant mangé, ça change tout !
Pour le projet du décret, les études ont été réalisé au pieds des barrages, des passes à poissons, en fait, des zones où les poissons migrateurs sont ralentis voir stoppés dans leur migration. Les silures ne sont pas si bêtes que ça, ils se concentrent là où se trouve une nourriture abondante pour se nourrir en dépensant le moins d’énergie possible. D’ailleurs, les amorçages destinés aux carpes sont également une aubaine pour eux. Cela n’affirme en rien que le silure est en surnombre dans tels ou tels lacs, rivières ou fleuves.
Études de l’impact des silures sur la Garonne et la Dordogne :
Voici des explications de la fédération de pêche de la Gironde sur des études menées sur la Garonne et le Dordogne. Vous pouvez retrouver tout cela dans leur vidéo Youtube de cette fédération
Etude sur la Garonne :
En mai et juin 2019, Pêche de 329 silures juste en aval du barrage de Golfech. 80% d’entre eux avaient l’estomac vide (266 silures). Sur les 20% restant (63 silures), 82% de nourriture retrouvé dans leur estomac étaient des aloses mais, on ne sait pas quelle quantité de ces poissons était déjà mort lorsqu’il a été mangé (après la fraie, l’alose meurt et dévale le fleuve).
La lamproie : Le constat est sans appel, une chute de la population est constatée dans les passes à poissons. Et pourtant, quelques kilomètres en aval de ces barrages, les pêcheurs pro prennent toujours autant de lamproie… Des suivis de 49 lamproies par radio pistage (est-ce bien significatif ?) ont néanmoins démontré que 80% ont été mangé par les silures.
Etude sur la Dordogne :
EPIDOR (Établissement Public Territorial du Bassin de la Dordogne) a effectué la capture de 2700 silures dont 68% avaient l’estomac vides. Sur les 32% restant, on retrouve :
- 33% de cyprinidés.
- 21% de crustacés.
- 15% de migrateurs.
- 15% « autres » (mulets, flets…).
- 13% de poissons non identifiés.
- 2% d’autres poissons (lesquels ? Ce n’est pas précisé).
- Seulement 1% de carnassiers.

Pêche expérimentale entrant dans le cadre du PLAGEPOMI en 2021 et 2022 :
2600 silures capturés : 80% d’estomacs vides.
D’après le technicien de Fédération dans la vidéo, 20% des autres silures avaient mangé 15% de migrateurs en 2021 et 10% en 2022. Et pourtant, lorsqu’on regarde le graphique, on est plutôt à 12% en 2021 et 5% en 2022. A noter également que ces 20% sont constitués de 4% d’écrevisses classées nuisibles en 2021 et 12% en 2022.
Quel impact sur les poissons migrateurs après le prélèvement des silures ? :
- Le saumon : Pas d’impact, le nombre est toujours aussi faible.
- La grande alose : Pas d’impact.
- La lamproie marine : Pas d’impact.
- L’anguille : Il y a plus d’anguille mais l’impact est impossible à définir dû à l’amélioration de la franchissabilité d’un barrage. Tiens donc ! La solution ne serez-t-elle pas là ?
D’ailleurs, le rapport de 2023 de l’OFB le confirme également : « Aucune amélioration concernant les migrateurs amphihalins n’a été observée en lien avec le prélèvement de silure pour le moment. »
La conclusion de cette vidéo est que la population des poissons migrateurs partout dans le monde se porte mal, silure ou pas silure. Mais, ce dernier peut avoir un impact non négligeable lorsque le contexte est largement dégradé (ouvrages ralentissant gravement la progression des migrateurs, pollution, altération des habitats, réchauffement climatique, etc…).

Se sont bien là les dires de la fédération qui ne désigne donc pas le silure comme problème majeur de la raréfaction des poissons migrateurs et pourtant, un arrêté préfectoral interdit maintenant la remise à l’eau des silures pris dans la Dordogne, la Garonne, la Leyre et tous ses affluents ! Et cela malgré le fait que le silure soit listé à l’Annexe III (faune protégée) de la convention de Berne de 1979 relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe. N’y a-t-il pas un problème majeur à dénoncer ?
Que feront les pêcheurs avec un poissons de plus de 2 mètres ? Ça va être sympas dans la voiture…
Vont-ils le laisser pourrir dans la nature ? Le dépouiller et laisser les abats sur place ? Non, c’est 3750€ d’amende pour tout abandon d’animaux morts (article L228-5 du code de l’environnement), ils auront l’obligation d’appeler l’équarrisseur et de l’attendre pour ne pas laisser à l’abandon le silure sur la berge (puisque c’est interdit). La fédération de Gironde préconise de les remettre à l’eau morts. Merci pour cette idée géniale, les silures vont être éventrés (ce que font déjà les anti-silures) les laissant agoniser pendant des heures. Je laisse cette fédération expliquer cela à ceux qui prônent le bien-être animal. Vous donnez des arguments à nos détracteurs d’animalistes qui vont pouvoir filmer le carnage. Et puis, on se donne rendez-vous au niveau des barrages où vont s’accumuler les cadavres (ils flottent au bout de quelques jours après leur mort).
Le pêcheur l’emmènera chez lui ? Très bien mais, sait-il que les gros silures sont chargés en PCB (polychlorobiphényles, des polluants organiques persistants) ?
Étude menée en 2024 par EPIDOR sur la Dordogne :
Sur 1330 estomacs de silures fouillés, 935 étaient vides (70%).
Sur les 395 dont l’estomac était plein, ils ont retrouvé : 192 crustacés, 32 poissons migrateurs (dont 11 aloses, 3 lamproies et 2 saumons), 66 cyprinidés, 12 carnassiers, 6 silures, le reste étaient constitué de poissons trop digérés pour être identifiés, des restes de mammifères, oiseaux, amphibiens, galets, emballages, morceaux de canettes…
Est-ce alarmant ? Sur un fleuve comme la Dordogne, permettez-moi d’en douter.

Que sera l’avenir lorsque le nombre de silures va diminuer drastiquement ?
Là encore, le rapport de l’OFB le précise : « Il est en effet possible d’observer un effet dit de « surcompensation » avec une augmentation des effectifs par suite de mesures de régulation et notamment de la réduction du nombre de géniteurs. Cela peut s’expliquer par la diminution de la compétition pour la ressource et donc une augmentation du taux de reproduction, une meilleure survie des juvéniles ou une atteinte plus rapide à la maturité sexuelle ou encore par une augmentation du taux de survie chez les adultes ou les juvéniles (Ohlberger et al., 2011 ; Smith et al., 1996). »
En fait, ils veulent « réguler » le nombre de silures mais ils ne feront que recréer une explosion de la population qui mettra 10 ans à se réguler une nouvelle fois.
Données de captures par les pêcheurs professionnels de saumons est d’aloses de l’Adour :
Les données mises en lumière par l’association Défense des Milieu Aquatiques (DMA) fait état de 3,370 tonnes de saumons prélevés et plus de 14 tonnes d’aloses entre avril et juillet 2023. D’ailleurs, la DMA, aidée d’autres associations, a obtenu l’annulation de l’arrêté de 2023 autorisant la pêche aux engins et au filet du saumon, de la grande alose et de l’alose feinte !
Effectivement, je pense, et cela n’engage que moi, qu’il y a plus urgent d’agir contre les pêcheurs professionnels que contre le silure. D’autant plus que s’ils ont le feu vert, les pêcheurs professionnels utiliseront, entre autres, des filets tramails qui ne peuvent sélectionner que les silures. Adieu les carpes.
Un document de l’OFB datant de 2023, stipule que, je site : « La problématique silure percute celle de la pêche continentale professionnelle qui subit une crise de plus en plus forte du fait de la raréfaction des espèces exploitées. Dès lors, le silure apparaît à la fois comme un compétiteur, et donc une pression à éliminer, et une opportunité pour les pêcheurs professionnels de proposer leurs services pour réguler l’espèce ou participer à des études. La pression s’accentue sur les services de l’État pour aller vers la mise en place de mesures de régulation assurées par les pêcheurs professionnels. »
On comprend mieux pourquoi les pêcheurs professionnels ont tout intérêt à ce que le silure soit considéré comme « nuisible ».

L’OFB précise aussi que « La dégradation de l’état de conservation des migrateurs amphihalins est antérieure à l’explosion démographique du silure : d’autres pressions sont historiquement et toujours aujourd’hui à l’œuvre (notamment barrages, pollutions, surpêche) et aggravées aujourd’hui par le changement climatique, à la fois en milieu marin et en eaux douce. »
Que mange réellement un silure ?
Objectivement, le silure, qui est en haut de la chaîne alimentaire, mange (on l’a vu plus précédemment) quelques migrateurs, d’autres poissons mais très peu de carnassiers, mais aussi, selon l’OFB (document du 15 juin 2023) « qu’il se livre au cannibalisme (Verdeyroux & Guerri, 2016), notamment chez les gros spécimens de plus de 1m70 (Faure & Tanzilli, 2016). De plus, le silure étant opportuniste, il consomme volontiers des espèces exotiques envahissantes comme les corbicules, poissons-chats, ragondins, tortues de Floride et écrevisses qui peuvent représenter une part importante de son régime alimentaire (Faure & Tanzilli, 2016; Verdeyroux, 2022). »
Une thèse universitaire pour l’école national vétérinaire datant de 2012, précise que « Les siluridés sont des détritivores, les plus grandes espèces se tournent néanmoins vers un régime de prédation opportuniste comprenant poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et petits mammifères. »
On peut ajouter qu’il mange volontiers les bouillettes destinées aux carpes.

Il est clair que le silure est un opportuniste qui chasse les proies les plus faciles comme les poissons affaiblis, les petits silures de son groupe pour lesquels il n’a pas besoin de sprinter, les poissons morts, les écrevisses, les mollusques, etc. Mais aussi des poissons pris au piège devant des barrages érigés sur les fleuves tels que la Dordogne et la Garonne (la faute à qui ?). Il est, par exemple, incapable de poursuivre les saumons.
Quelle quantité mange un silure ?
Selon la thèse universitaire de l’école nationale vétérinaire, « Sur un an elle correspondrait à une valeur entre 177 et 297% du poids total (Orlova & Popova 1986). Ce qui, pour un silure adulte d’une quinzaine de kilos correspondrait à une estimation haute maximale de 45kg de nourriture par an. »
Un silure de 100kg mange donc environ 177 à 297 kg par an (485 à 800gr par jour en moyenne). Sachant qu’il est loin de ne manger que des poissons, sont impact sur la population piscicole n’est donc pas élevé contrairement à ce que les anti-silures veulent nous faire croire.
« Ils sont gros, ils doivent donc manger beaucoup, c’est évident ! » affirment les anti-silures où les personnes qui ne se sont pas renseigné. Le coefficient de conversion est deux fois plus élevé que celui des autres carnassiers. C’est-à-dire qu’il a besoin de 2 fois moins de proies (en poids) pour grossir.
Il est à noter également qu’il mange beaucoup d’un coup est digère sans s’alimenter pendant plusieurs jours.
Je suis bien d’accord qu’il n’est pas forcément à sa place dans des petits biotopes (étangs de quelques hectares, petits canaux ou petites rivières. Mais, il a, sans aucun doute possible, sa place dans les fleuves et grands lacs (exemple : impacts minimes au Der et sur le Rhône selon des études menées).

Des fédérations de pêche et des marques comme Sportex, affichent clairement leurs désaccords avec le projet de décret. Cependant, la FNPF, le sommet de la pêche associative, annonce avoir communiqué au ministre de la Transition écologique la chose suivante : "La FNPF a rappelé que le projet de classement n’était pas souhaité par notre réseau dès lors que la régulation de l’espèce est d’ores et déjà possible."
Pire, la déclaration de la Fédération de pêche du Tarn nous précise « En accord avec la FNPF Fédération Nationale de la Pêche en France), la FDAAPPMA (Fédération Départementale des Associations Agréées de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique) du Tarn réaffirme son opposition au projet initial de classement du silure en EEE (Espèce Exotique Envahissante). Ce classement interdirait de remettre à l’eau tout poisson pêché et ferait obligation de le tuer dès sa capture. Elle adhère au projet de décret classant le silure en ESPDP (Espèce Susceptible de Provoquer des Déséquilibres Biologiques). Ce classement permet de continuer à le pêcher et à le remettre éventuellement à l'eau. Il interdit toutefois de transporter des silures vivants pour les relâcher ailleurs. »
On sait maintenant qu’on ne peut pas compter sur la haute instance de la pêche de loisir malgré ces 1,5 millions d’adhérents. Heureusement, des passionnés qui ne veulent pas faire le dos rond, montent au créneau grâce au Silurus Glanis Association. Si vous souhaitez soutenir le combat contre l’injustice que subit le silure et donner du poids à cette association face aux instances administratives, vous pouvez adhérer à SGA via son site internet sg-asso.fr
Vous pouvez également laisser un commentaire (en apportant des points factuels) à la consultation publique où, malheureusement, très peu de pêcheurs de silures ont participés. Même si vous ne pêchez pas ce poisson, soyez solidaires car, un jour ou l’autre, nous serons bien contents d’avoir du soutien.
L’avenir de la pêche en France ne me parait pas joyeuse entre les attaques des animalistes et maintenant un décret anti-silure qui évoluera, à tort, très certainement au niveau national suivi, dans le pire des scénarios, d’un classement en Espèce Exotique Envahissante comme le poisson-chat et la perche soleil dont il est interdit de remettre à l’eau. Quant à la pêche professionnelle, elle a de beaux jours devant elle.
Agissons maintenant pour le futur de notre passion, la pêche !
Sources :
Note scientifique de l’OFB. 2023.
Etude couplée de la Lamproie marine et du Silure glane sur la rivière Dordogne 2024. EPIDOR.
Etude du Silure sur la Dordogne de 2012 à 2016. EPIDOR.
Thèse école Nationale Vétérinaire « Démographie et régime alimentaire du silure glane ». 2012.
Etude « Le silure glane (Silurus glanis, L.) en France » du CSP, de l’Institut de Recherche pour le Développement et du Cemagref.
Biogéographie du silure glane (Silurus Glanis). Cemagref. 2000.
Le silure Glane, 2006, éditions Quae.
Le Géant d’eau douce, Frédéric Santoul, 2021, éditions Quae.
L’homme silure, R. Masson et J-C Tanzilli, 2020.



Salut personnelement sur le tarn je retrouve tout types de poissons, et pas mal d’anguille donc ceux qui racontent qu’il y en a plus, venez je vous montre,
Pour ceux qu’ils disent qui mangent tout, regarder ce qu’on retrouve dans leurs estomac, aucun carna, ou tellement rarement qu’on s’en souvient même plus ! Bref marre des conneries de l’être humain qui se croit au dessus de tout le monde, laisser la nature se gerer elle y arrive bien mieux qu’avec nous .