Salons de pêche : les 10 clés qui font le succès… ou l’échec d’un événement
- Éric Deboutrois

- 12 mars
- 6 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 mars
La saison des salons battant son plein, c’est le bon timing pour l’équipe de Carp Collect’Or qui vient d’en enchaîner quelques-uns, de revenir sur 10 raisons qui font ou qui pourraient faire le succès d’un salon de pêche.

1 - Le lieu
Deux gros salons (Clermont-Ferrand et Nantes) ont été annulés pour 2026. Or à côté de ces salons à vocation nationale, ceux à ambition plus locale fleurissent. Ces derniers offrent une alternative évidente aux pêcheurs qui ne souhaitent pas faire plusieurs centaines de kilomètres ni passer des heures sur la route. On me rétorquera que le « Carp Den Bosh » en Hollande fait pourtant le plein de visiteurs chaque année mais c’est bien à ce jour la rare exception qui confirme la règle, d’autant qu’il y a une très grosse densité de pêcheurs en Hollande et Belgique (ainsi que dans le nord de la France), mais ce n’est pas l’unique raison.

2 - Périodicité et date
Si en France certains salons n’hésitent pas à s’inscrire dans un rythme annuel, d’autres évitent (pour l’instant) de tomber la même année que ceux bien ancrés dans les habitudes des visiteurs, notamment celui de la FFPC (à Montluçon) ciblant les pêcheurs de carpe. C’est le cas de par exemple de Pêcheur.com qui a proposé sa seconde édition des « carpe days » en 2026, en alternance avec celui de Montluçon qui tombe lui les années impaires depuis le COVID, et en envisage déjà une prochaine en 2028.
La date importe aussi pour tomber en période « creuse » de pêche, par exemple en période de fermeture pour les pêcheurs de brochets (et de sandres, même si pour ce dernier la tendance est plus aux réserves temporaires). Idem pour la truite et la carpe, le début du calendrier semblant avoir la faveur des organisateurs et des marques, ce qui permet d’y présenter leurs nouveautés.
Après les aléas comme l’augmentation subite du prix du carburant, ou une météo hivernale capricieuse peuvent venir contrarier les projets et la mobilité. Plusieurs fois nous avons galéré dans la neige sur les hauteurs du massif central, y compris sur l’autoroute, pour nous rendre à Clermont-Ferrand. Pas simple de trouver la bonne date, d’autant que le calendrier de réservation des salles (adaptées) se rempli bien à l’avance.

3 - Le thème et les marques
Pour faire venir les visiteurs l’offre doit être alléchante. Elle peut être hyper spécialisée (carpe, truite, carnassier…) ou multi-pêches voire même, pourquoi pas, proposer une palette plus large (out-door, spectacle etc) pour créer un vrai événement dans le style du Game Fair pour la chasse. Dans tous les cas, si les grosses marques boudent un « gros » salon, le succès risque de vite s’éloigner. Notons qu’en attirant du monde ces locomotives leader du marché offrent évidemment aussi de la visibilité aux marques émergentes, qui gagnent ainsi à être présentes pour se faire connaître. Tout le monde y trouve son compte et en particulier le visiteur.

4 - Bonnes affaires
Nous voulons ici parler des « prix salons ». Combien avons nous vu de visiteurs venir à Montluçon (ou ailleurs) avec leur liste de courses, en ayant comparé en amont les prix pratiqués sur internet, et repartir littéralement avec des pleines brouettes d’appâts et de matériel. C’est désormais moins visible dans les allées avec la mise en place de « drives ». On pourrait aussi penser qu’avec les soldes et déstockages pratiqués de plus en plus régulièrement en cours d’année sur internet, ce soit devenu un peu moins avantageux, mais toujours est-il qu’il reste de très bonnes affaires à faire. Il faut pour cela que les exposants acceptent de rogner un peu sur leur marge. Ce qui est certain, c’est que quitte à faire un gros déplacement, les pêcheurs souhaiteront le rentabiliser sinon ce n’est pas sûr qu’ils reviennent l’année suivante, d’autant que de plus en plus de magasins, voire de grandes chaînes, font aussi des offres comparables à celles des salons… Encore une fois les clients que nous sommes y trouvent leur compte.

5 - Les exclusivités
Un salon devrait donc être l’occasion de pouvoir bénéficier de vraies exclusivités tarifaires, pour que le visiteur y trouve des prix imbattables et fasse le déplacement. Mais l’exclusivité c’est aussi pouvoir trouver ici, voire nulle part ailleurs, des services ou produits uniques, en série limitée par exemple ou encore avoir le privilège de découvrir et de toucher les dernières nouveautés qu’il ne retrouvera qu’un peu plus tard en magasin.

6 - L’équilibre économique (dépense/recettes)
Nous pouvons voir trois modèles économiques. D’un côté celui de l’organisateur d’événement qui veut faire son beurre en vendant (souvent cher) le mètre carré aux exposants et en faisant payer le ticket d’entrée. On pourrait penser que ce modèle ait vécu car à l’exception des marques qui ont un (gros) budget com dédié, la plupart des exposants doivent rentrer dans leurs frais. Ils ont deux options : vendre beaucoup en margeant peu ou vendre peu en margeant plus. Comme déjà dit, la seconde option ne séduira pas longtemps les visiteurs venus faire de bonnes affaires. Quant à la première elle nécessite une logistique et un nombre de camions conséquent (quand on vend des bouillettes) donc elle reste forcément assez coûteuse. Au final c’est toujours un équilibre plus ou moins compliqué à trouver.

On a vu apparaître un modèle mixte, celui des « organisateurs vendeurs ». Les organisateurs peuvent être des marques (Style les Nash Day’s, qui n’existent plus), des fabricants au sens large (comme le Groupement des Industriels et Fabricants d’Articles de Pêche), des magasins/revendeurs (Carpe Day’s de pêcheur.com) voire des revendeurs de bouillettes organisant des « portes ouvertes ». L’avenir nous dira quelle sera la meilleure solution du moment - si il y en a une - et une fois encore ce sera le nombre de visiteurs qui validera.

7 - Visibilité
Pour autant, pour les marques les retombées ne sont pas toujours immédiates. Comme toute publicité, le retour sur investissement est souvent difficilement mesurable ou observable. Bien sûr que l’affluence sur un stand, comme le nombre de visiteurs sur une page ou un site, est un indicateur, mais pas forcément un signe d’engagement. Les visiteurs viennent aussi pour voir et se renseigner pour des achats différés et réfléchis (par opposition aux achats compulsifs). En terme de visibilité les « plateaux télés » proposés par les organisateurs à l’occasion des salons sont une prestation connexe intéressante pour les marques et les potentiels clients que nous sommes.

8 - « Stars » et convivialité
Depuis toujours, les salons sont l’occasion de rencontrer en chair et en os, lors de conférences ou sur des stands, les pionniers qu’on ne voyait que dans les revues et qu’on adulait. Aujourd’hui encore les visiteurs veulent aussi voir en chair et en os ceux qu’ils regardent sur les écrans. Il n’y avait qu’à voir la queue que faisaient ceux qui voulaient leur selfie avec Cyril Chauquet à Clermont, ou à un degrés (moindre) l’affluence sur le stand Korda pour avoir le leur avec Pierre ou Bruno.

A l’instar des concentrations de motards par exemple, ces moments sont aussi l’occasion pour une communauté voire pour les militants d’une même association (la FFPC en France ou encore le VBK avec son meeting annuel début décembre en Belgique) de renforcer leurs liens et passer une soirée festive ensemble. A l’époque des réseaux sociaux, on vient aussi sur ces salons pour vivre « en vrai » un moment sympa avec des potes qu’on ne croise plus qu’une fois tous les ans ou les deux ans, ou qu’on n’a pas vu depuis longtemps, souvent autour d’un verre, d’une planche de charcuterie ou d’une soirée.

9 - Vivre une expérience
On peut aussi aller à un salon comme on va à un spectacle, un show ou à un concert, pour en prendre plein les yeux le temps d’un week-end et revenir la tête pleine de souvenirs. Même si nous sommes loin encore des budgets et des prestations du salon de l’automobile ou de l’agriculture (quoique cette année le bilan est mitigé), il faut reconnaître que depuis depuis quelques temps les marques font de réels efforts pour présenter leurs produits sur des stands de plus en plus spectaculaires ou innovant et c’est tant mieux pour les visiteurs.

10 - Vos retours
La liste n’est probablement pas exhaustive, aussi n’hésitez pas à laisser vos avis en commentaire pour que chacun puisse préparer au mieux les prochains salons.



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