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Étude sur l’efficacité des formulations commerciales destinées aux soins des carpes

il y a 6 jours
10 min de lecture

(traduction et synthèse par Eric Deboutrois)


Une étude scientifique publiée le 31 mai 2026 remet en question le bien-fondé de l’utilisation des produits commercialisés dans les soins de plaies pour l’élevage ou à la pêche des carpes.

Elle met en évidence des effets antibactériens et antifongiques très variables, voire inexistants, une toxicité cellulaire significative chez les cyprinidés (contre productive pour la cicatrisation), ainsi qu’un manque d’adhérence pour tous les produits testés.

Elle démontre non seulement que les solutions commerciales leaders à base de propolis sont inefficaces contre les quatre principaux micro-organismes pathogènes des carpes, mais qu’elles induisent des effets négatifs sur les cellules, perméabilisent la peau intacte, ouvrant ainsi la voie à des infections secondaires.


Application d’un soin topique sur une lésion cutanée chez une carpe. Une pratique courante chez les carpistes, dont l’efficacité et les effets sur la cicatrisation sont aujourd’hui questionnés par de nouvelles données scientifiques.
Application d’un soin topique sur une lésion cutanée chez une carpe. Une pratique courante chez les carpistes, dont l’efficacité et les effets sur la cicatrisation sont aujourd’hui questionnés par de nouvelles données scientifiques.

1. Introduction

Une fois la peau lésée, des maladies telles que la pourriture des nageoires et les infections ulcéreuses peuvent se développer, entraînant souvent des épisodes de mortalité massive. Or la majorité des produits commercialisés pour soigner des carpes ne comportent aucune information sur les ingrédients ou les risques sur leur emballage. Ceci empêche les consommateurs de bien comprendre leur véritable efficacité, objet de l’étude citée.

 

2. Matériaux et méthodes

 

2.1. Composés testés


Les onze formulations analysées dans le cadre de l’étude, identifiées de A à K afin de préserver l’anonymat des produits commerciaux. Elles représentent différents principes actifs et formulations utilisés ou étudiés pour les soins des carpes.
Les onze formulations analysées dans le cadre de l’étude, identifiées de A à K afin de préserver l’anonymat des produits commerciaux. Elles représentent différents principes actifs et formulations utilisés ou étudiés pour les soins des carpes.

Les produits phares du marché ont été identifiés par mots clefs en juin 2024, à l’aide du moteur de recherche Google (« produits de soins pour la carpe » et « spray topique (à usage local) pour la carpe ».

L’Institut de gestion halieutique a fourni des conseils pour qu’au moins un produit soit testé pour chaque catégories d’ingrédients connus. La propolis étant leader du marché, quatre produits différents utilisant ce principe ont été testés parmi les 10 initialement retenus. Une onzième formulation dérivée d’huiles essentielles (non commercialisée mais ayant obtenu les meilleurs résultats lors du criblage préliminaire des composés) a été ajoutée au panel. L’identité des marques a été anonymisée. Les principes actifs connus ou présumés sont répertoriés en regard des informations sur les ingrédients figurant sur le site web du détaillant, l'emballage ou le récipient. Seuls les produits (F) et (I) présentaient une liste d’ingrédients sur l’emballage ou le récipient ; aucun ne comportait d’étiquetage de danger.


Composition des onze formulations étudiées, de A à K, avec leurs principaux ingrédients actifs connus ou présumés. Le tableau met également en évidence le manque d’informations disponibles sur la composition de la majorité des produits commerciaux testés.
Composition des onze formulations étudiées, de A à K, avec leurs principaux ingrédients actifs connus ou présumés. Le tableau met également en évidence le manque d’informations disponibles sur la composition de la majorité des produits commerciaux testés.

 

2.2. Tests de CMI (Concentration Minimale Inhibitrice) 

Les tests ont été faits sur les principaux agents pathogènes* bactériens (Aeromonas hydrophila, Aeromonas salmonicida et Pseudomonas fluorescens) et fongiques (Saprolegnia parasitica)

affectant la carpe au Royaume-Uni afin de déterminer, par dilution de moitié en série (0,5 ; 0,25 ; 0,125 jusqu’à 0,0004), pour chaque produit la plus faible concentration qui empêche la croissance de ces agents.

 

2.3. Essais de toxicité in vito sur les cellules de cyprinidés

Des tests d’induction de l'apoptose [mort cellulaire] et des ROS [Reactive Oxygen Species, molécules oxygénées instables très réactives, produites par le métabolisme cellulaire] à l'aide de cellules ZF4 in vitro.

 

2.4. Essais d’adhérence en milieu humide

Des essais pseudo-ex vivo ont été réalisés sur de la peau de carpe commune juvénile (âgée de 3 à 4 ans).

 

2.5. Mesure du pH

Toutes les mesures ont été effectuées à l’aide d’un pH-mètre numérique portable.

 

NB : L’ensemble des protocoles est détaillé dans l’étude.

 

3. Résultats

 

3.1. Détermination des CMI bactérienne

 .      Six des huit produits testés (C, E, F, I, J, K) ainsi que la pénicilline/streptomycine se sont révélés efficaces contre A. hydrophila. Le composé C n’a toutefois montré aucun effet contre A. salmonicida ou P. fluorescens, et le composé E (vert de malachite) s’est révélé trop puissant pour permettre la détermination de la CMI, même après une dilution par 12 sur A. hydrophila, ce qui illustre l’absence totale de tests de sensibilité bactérienne appropriés avant la mise sur le marché. Les produits J et K (issus d’HE) ont démontré une efficacité contre A. hydrophila, A. salmonicida et P. fluorescens, à des valeurs de dilution inférieures à celles d’autres produits commerciaux.

•      Sept des huit produits commerciaux ont présenté une toxicité sur A. salmonicida (A, B, D, E, F, G, H), qui s’est avéré être l’agent pathogène le plus facile à traiter parmi les trois testés ici.

•      P. fluorescens était le plus résistant aux composés appliqués, seuls les composés E, F se sont révélés efficaces dans ce cas, le composé E conservant à nouveau des dilutions inhibitrices au-delà de la limite de 12 fois de l’essai.

•      Les composés J et K étaient les meilleurs résultats issus d’un précédent criblage des CMI de composés naturels. 

•      Parmi les 3 produits témoins utilisés dans les tests de CMI — éthanol à 70 %, Bétadine (I) et pénicilline/streptomycine —, l’éthanol s’est révélé le moins efficace, n’atteignant pas les seuils de CMI chez aucun des organismes testés, même à la concentration la plus élevée appliquée. La Betadine s’est révélée efficace contre toutes les espèces testées, mais uniquement à la concentration la plus élevée pour A. hydrophila et P. fluorescens, tandis que pour A. salmonicida, elle restait efficace même diluée jusqu’à 0,03 fois.

 

–>  A l’issue des tests de CMI bactériens, les composés commerciaux ayant le plus large spectre sont les produits E et F


La propolis est l’un des ingrédients les plus couramment utilisés dans les produits de soin destinés aux carpes. Pourtant, les formulations à base de propolis testées dans cette étude n’ont montré aucun effet inhibiteur notable contre les agents pathogènes étudiés, tout en présentant une toxicité pour les cellules de cyprinidés
La propolis est l’un des ingrédients les plus couramment utilisés dans les produits de soin destinés aux carpes. Pourtant, les formulations à base de propolis testées dans cette étude n’ont montré aucun effet inhibiteur notable contre les agents pathogènes étudiés, tout en présentant une toxicité pour les cellules de cyprinidés

 

3.2. Essais de CMI fongique

•      Les composés A, B, D, H [propolis] et G [permanganate de potassium] disponibles dans le commerce ainsi que le J [monoterpènes issus d’HE] n’ont montré aucun effet inhibiteur notable, une prolifération fongique ayant été observée à toutes les concentrations testées.

•      Cinq des onze composés ont présenté une activité antifongique (C, E, F, I et K).

◦      inhibition limitée pour le composé C

◦      capacité antifongique substantielle pour les composés E et F et K

◦      Le composé I n'a montré d’effet qu'à une dilution de 0,5 fois.

 

 

3.3. Essais de toxicité in vitro sur des fibroblastes de cyprinidés ZF4

•      Les composés commerciaux les plus prometteurs issus des tests de CMI bactériens (composés E et F), ont montré ici une destruction à 100 % des fibroblastes [importants dans la cicatrisation et réparation tissulaire]. Cela signifie qu’une dilution de 1 ml dans 5 l serait toxique pour les fibroblastes de cyprinidés, ce qui est surprenant pour des produits destinés aux « soins des carpes ».

•      Les composés B et C ont également présenté une toxicité de 100 % sur l’ensemble de la plage de dilution de 12 fois.

•      Il est intéressant de noter que les formulations à base de propolis se sont révélées toxiques pour ces cellules, induisant les signes classiques de l'apoptose [mort cellulaire] à un stade avancé, tels que la formation de vésicules membranaires et l'éclatement des cellules, même à faible dilution.

•      Il est à noter que les composés J et K ont été les seuls à induire une prolifération des cellules ZF4 lorsqu’ils étaient dilués.

 

→  Bien qu’il existe des préparations commerciales efficaces contre certains agents pathogènes, toutes les formulations disponibles dans le commerce testées se sont révélées toxiques pour les cellules de cyprinidés. La concentration en biocides utilisée dans ces préparations est trop élevée et serait très probablement préjudiciable à la cicatrisation, en particulier lorsqu'elles sont utilisées sur des plaies non infectées.


Sprays, gels, antiseptiques ou solutions liquides : les produits de soin destinés aux carpes sont aujourd’hui largement utilisés par les pêcheurs. Cette étude scientifique questionne cependant leur efficacité réelle, leur toxicité potentielle et leur impact sur la cicatrisation des poissons.
Sprays, gels, antiseptiques ou solutions liquides : les produits de soin destinés aux carpes sont aujourd’hui largement utilisés par les pêcheurs. Cette étude scientifique questionne cependant leur efficacité réelle, leur toxicité potentielle et leur impact sur la cicatrisation des poissons.

3.4. Tests d’adhérence

La propolis passe de l'état liquide à celui de cire au contact de l'eau, ce qui constitue très certainement le principal attrait commercial des formulations à base de propolis, dont l'action repose sur des changements physiques visuellement évidents. Dans le domaine de l'aquaculture, la forme cireuse de la propolis est largement reconnue comme un adhésif humide efficace, dont la tenue peut atteindre 48 heures. Les préparations à base de propolis ont en effet été les seules à conserver une adhérence humide « significative » sur une période de 48 h, tandis que toutes les autres testées ne restaient adhérées que pendant 30 minutes au maximum une fois immergées dans l’eau.

Si l'on fait abstraction de l'absence d'effets antibactériens ou antifongiques de la propolis contre les quatre principaux agents pathogènes de la carpe utilisés dans cette étude, et en supposant que la propolis puisse encore former une cire à une dilution suffisamment faible pour neutraliser sa toxicité inhérente pour les cellules des cyprinidés, la propolis conservait néanmoins un potentiel d'effets bénéfiques en tant que simple produit d'obturation des plaies.

 

3.5. pH des formulations commerciales

Les produits commerciaux testés ont montré une tendance à être acides, avec un pH variant de 3,93 à 7,79 (deux valeurs aberrantes), une moyenne de 4,98 et la majorité des valeurs comprises entre 4 et 5,5 (alors que le pH moyen des écailles intactes est compris entre 6,8 et 7,2). La raison de la nature extrêmement acide de ces formulations n’est pas claire et est probablement liée aux solvants inconnus utilisés pour véhiculer les composés insolubles dans l’eau. Pour autant aucune corrélation nette n’a été observée entre le pH et la toxicité, ni chez les micro-organismes ni chez les cellules ZF4, ce qui confirme que les données obtenues ici reflètent la toxicité d’ingrédients spécifiques plutôt que celle des solvants.

 

Synthèse

Les principaux résultats de cette étude sont résumés dans le tableau ci-dessous. Les cellules vertes indiquent des résultats souhaitables efficaces, avec les valeurs de CMI données pour comparaison. Les cellules rouges indiquent des effets indésirables, également avec les CMI, X signifie qu'aucune activité n'a été enregistrée et ND que la dilution efficace est passée en dessous du seuil du test (1:5000).


Résultats des tests de Concentration Minimale Inhibitrice (CMI) : le tableau compare l’efficacité des différentes formulations contre plusieurs agents pathogènes de la carpe, tout en mettant en évidence leur toxicité potentielle sur les cellules de cyprinidés. Les résultats révèlent d’importantes différences d’efficacité selon les produits testés.
Résultats des tests de Concentration Minimale Inhibitrice (CMI) : le tableau compare l’efficacité des différentes formulations contre plusieurs agents pathogènes de la carpe, tout en mettant en évidence leur toxicité potentielle sur les cellules de cyprinidés. Les résultats révèlent d’importantes différences d’efficacité selon les produits testés.

4. Conclusion


Absence d’étude avant mise sur le marché

Il n’existait aucune étude dans la littérature évaluant l’efficacité, la tolérance, la toxicité ou l’impact environnemental des produits de santé destinés à la pêche de loisir, pourtant largement utilisés depuis le début des années 90 avec l’immense popularité de la pêche de la carpe. La majorité des produits disponibles sur le marché ne répondent à aucune norme d'évaluation réelle et n'ont fait l'objet d’aucun test empirique dans les domaines de l'aquaculture récréative. C’est désormais chose faite avec cette étude qui, c’est en tout cas ce qu’espèrent les scientifiques à son origine, marquera le début d’un processus de perfectionnement et de remplacement des composés utilisés depuis longtemps et nuisibles à l’environnement (tels que le vert de malachite),  par ailleurs contre-productifs pour la cicatrisation des plaies chez les cyprinidés.

 

Effets contre-productifs sur la cicatrisation

Les produits topiques actuellement utilisés pour refermer les plaies chez la carpe reposent entièrement sur l’utilisation de biocides, partant du principe que la prévention des infections constitue la meilleure voie vers la cicatrisation. L’idée selon laquelle les biocides peuvent en réalité nuire à la cicatrisation a été complètement négligée or la cicatrisation est une question d’équilibre : la formulation commerciale idéale devrait être à la fois antibactérienne et antifongique, tout en favorisant la régénération du lit de la plaie. Des composés non toxiques et respectueux de l’environnement dotés de telles propriétés existent bel et bien, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour transposer ces résultats en une solution commercialement viable.

 

Absence d’effets bénéfiques significatifs

Il est remarquable de constater qu’aucun des produits testés ne répondait en réalité aux critères requis pour un produit topique destiné aux carpes, tels qu’ils sont définis dans l’étude. Les produits A, B, D, G et H n’ont pas réussi à réduire la viabilité bactérienne ou fongique, ce qui suggère un décalage entre l’offre commerciale et l’utilisation clinique. Une analyse plus approfondie des produits E et F a montré une destruction à 100 % des cellules ZF4, soulignant que les concentrations nécessaires pour obtenir leur effet bactéricide entraîneraient des effets cytotoxiques non spécifiques, très certainement nocifs pour les poissons.

 

Ouverture  

Les produits naturels constituent un domaine encore peu exploré dans la recherche en aquaculture. Cette étude a montré que deux composés d’origine végétale (J et K) présentaient un potentiel très prometteur pour de futures études. Le composé K, en particulier, a démontré une capacité à détruire les cellules bactériennes et fongiques, tout en ne présentant qu’une toxicité marginale sur les cellules ZF4. Des recherches supplémentaires devraient être menées afin d’évaluer le potentiel d’autres composés naturels susceptibles de remplacer les  anciennes formulations, plus toxiques, encore utilisées dans les traitements topiques destinés à la santé des poissons.

 

Faible adhérence en milieu humide

Une limite commune à tous ces traitements topiques réside dans leur faible adhérence en milieu humide, ce qui nécessite de sécher manuellement les plaies — avec le risque de contamination qui en découle — et le fait que la majorité d’entre eux soient appliqués sous forme liquide — débordant souvent dans les yeux, les branchies et la bouche — où ils risquent de causer des dommages hors cible. Ces préparations liquides ou sous forme de gel à appliquer à la main offrent un temps de séjour limité à la surface de la peau, en grande partie en raison des conditions de l’environnement aquatique et de la nature dynamique de la couche muqueuse. La peau des poissons est recouverte d’une barrière de mucine [mucus] sécrétée en continu, qui se renouvelle rapidement et s’exfolie facilement, ce qui entraîne souvent la dilution ou l’élimination par lavage des agents thérapeutiques appliqués dès le retour dans l’eau. De plus, les recommandations vétérinaires rappellent systématiquement que les agents topiques doivent être tenus à l’écart des yeux et des branchies, en raison de l’extrême sensibilité de ces tissus.

Bien que ce défi soit largement reconnu dans le secteur de l’aquaculture, peu de recherches ont été menées sur des traitements alternatifs présentant une meilleure adhérence à la couche muqueuse, sans endommager les tissus du poisson, que ce soit par l’adhésif lui-même ou par l’application indirecte de traitements toxiques. Des recherches supplémentaires sont également nécessaires dans ce domaine pour mettre au point des composés biocides naturels présentant de meilleurs profils de sécurité et de respect de l’environnement.


Partageons nos connaissances

Cette étude ouvre de nombreuses questions et mérite que le débat se poursuive. Pêcheurs, professionnels, fabricants, vétérinaires ou spécialistes : si vous disposez de connaissances, d’études ou d’expériences sur ce sujet, partagez-les avec nous, en commentaire de cet article ou par e-mail à magazinecarpcollector@gmail.com.

L’objectif est simple : faire progresser collectivement nos connaissances et nos pratiques, pour le bien-être et la santé de nos chers poissons.


Étude originale

Scale of Concern: Efficacy of Commercially Available Topical Carp Care Formulations for Recreational Application in Carp

Eleanor Makin et al. — Aquaculture Journal, 2026, vol. 6, n°2, article 19.

DOI : 10.3390/aquacj6020019




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Aeromonas spp. : Responsable de la « maladie des ulcères ». Elle cause des plaies rouges ouvertes et sanglantes sur les flancs, un gonflement du ventre et le soulèvement des écailles.

Pseudomonas spp. : Similaire à Aeromonas, cette bactérie induit des pourritures des nageoires et des ulcérations cutanées progressives.

Saprolegnia spp. (Saprolegniose) : Champignon qui développe une infection secondaire sur des lésions déjà existantes (dues à des bactéries ou à des manipulations).



 

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