ROAD TRIP DE PÊCHE DE LA CARPE AUX PAYS-BAS
- Fabrice Duhamel et Kévin Vaultier

- 26 févr.
- 5 min de lecture
C’est à la suite d’une discussion avec Kevin Vaultier, également auteur pour Carp Collect’Or, autour d’une chope de cervoise, que nous avons décidé de partir pour une session itinérante en Hollande, avec pour objectif de découvrir de nombreux lieux de pêche.

Nous nous mettons d’accord sur trois impératifs :
Trouver des postes où nous pourrons garer le van, pour toutes les commodités que cela nous apporte et afin de nous mettre à l’abri en cas d’intempéries. Cependant, nous dormirons dehors, sous nos brollies.
Ne pêcher qu’à la « frappe », du bord, sans l’aide d’embarcations ni de bateaux amorceurs.
Ne rester que 48 heures par spot afin de pêcher un maximum de types d’eaux différents (rivière, canal, petit étang, grand lac, abreuvoir à bestiaux, bassin de jardin, cuvette de toilettes publiques… nous sommes ouverts à tout).
En ne pêchant que deux nuits par poste, impossible de construire notre pêche avec, par exemple, un amorçage de zone. Ce seront principalement des pêches au spot, « en assiette » comme on disait autrefois (je vous parle d’un temps…). Bouillettes, noix tigrées et mélange de petites graines (pour une attraction accélérée) font partie du voyage.
En partant de chez moi, il nous aura fallu 5h30 pour arriver à notre première destination : Fauna Hengelsport, un magasin de pêche à Raamsdonksveer. Mais attention, il n’est pas comme les autres : il est annoncé comme le plus grand magasin de pêche d’Europe avec ses 3 200 m² de matériel ! Rien que ça.
L’extérieur ne paie pas de mine, bien que très grand. Mais l’intérieur est magnifique : beaucoup de mobilier en bois, un espace central où l’on peut se relaxer avec tables, chaises et boissons.

Toutes les pêches sont représentées, mais la carpe occupe une place énorme, avec de nombreuses marques, dont certaines absentes en France. On sent d’emblée que la Hollande est un pays carpiste.
Notre passage en caisse nous rappelle que notre niveau d’anglais est très médiocre. L’hôtesse, voyant que nous n’étions pas Hollandais, s’est mise à nous parler dans un anglais qui nous a paru parfait tant elle parlait vite. On aurait dit une native du Royaume-Uni.
La suite de notre périple nous démontrera que tous les Néerlandais avec lesquels nous avons échangé sont bilingues… et que nous, nous sommes monolingues et demi — quoique je maîtrise le ch’ti.
Après nos emplettes, direction notre premier spot de pêche.
Première déception
Malgré la présence de nombreux parcours de pêche de nuit, les accès sont souvent difficiles, voire impossibles, à cause de barrières verrouillées, notamment dans les zones urbaines.
Après plusieurs kilomètres de prospection, nous trouvons enfin un accès facile au bord d’un bras mort d’un fleuve. Malheureusement, les rares postes disponibles sont déjà occupés par des carpistes.
L’heure avancée nous pousse à trouver un endroit où dormir sans pêcher. Demain commencera réellement l’aventure.
Nous nous installons en plein champ, au milieu de nulle part, au bord d’un polder peuplé de grenouilles… bienvenue en enfer acoustique.
Au lever du jour, Kev bondit du bedchair pour tout remballer : nous gênons l’accès d’un agriculteur en tracteur. Je me suis retrouvé debout sans savoir comment. Quel réveil !

Premières 48 heures
Nous retournons sur le bras mort et, ô miracle, les pêcheurs sont partis.
Une longue ligne droite bordée de roseaux, certainement une zone de passage des carpes. On le sent bien, cet endroit.
Nous nous installons. Durant ces 48 premières heures, nous aurons droit à des allers-retours incessants de jet-skis et à des manœuvres d’hélicoptères militaires juste en face de nous. Bref, une pêche au calme comme on les aime…
À peine les cannes mises à l’eau qu’un garde de pêche arrive. Costaud le bonhomme. Tatouages sur les biceps (ce que j’ai voulu faire aussi, mais le tatoueur n’a jamais trouvé les miens).
Il contrôle minutieusement nos autorisations halieutiques (les Vispas) en les comparant à nos cartes d’identité. Il ne rigole pas. Nous non plus. Lorsqu’il nous confirme que tout est en règle, les sourires reviennent.
Le lendemain, un Néerlandais nous affirme que nous n’avons pas le droit d’être garés ici, que la police verbalise. Le garde ne nous ayant rien signalé, nous restons. Nous ne verrons jamais la « Politie ».
Quelques bips retentissent sur les détecteurs de Kev. Sans doute des poissons blancs. Puis un départ franc, court mais rapide. Un « blanc » de belle taille. On pense à un chevesne… mais non : c’est un aspe ! À la bouillette, sans courant. Je n’avais jamais vu ça.
Deux nuits passent. Capot.

Deuxièmes 48 heures
Nous changeons de secteur et repassons au magasin acheter des plombs et des back leads.
Le patron nous conseille un canal. Nous y allons immédiatement.
Le coin est sympa : élargissement, palplanches, berges sauvages, chenal marqué, plateau avec quelques zones de cailloux. On aperçoit d’autres carpistes non loin. On le sent bien, cet endroit.
Résultat : capot sur deux nuits. J’ai même tenté au maïs doux. Pas un bip.

Troisièmes 48 heures
Direction un port relié à une petite rivière alimentant plusieurs plans d’eau. Ce qui me motive le plus : la présence d’un moulin typique des Pays-Bas. Je rêve d’une photo avec une carpe devant un moulin.
Nombreux bateaux amarrés, autant d’abris potentiels pour les carpes, et une confluence à proximité. On le sent bien, cet endroit.

Finalement, nous n’aurons des photos devant le moulin… qu’avec des silures.
Six nuits, toujours capot.

Quatrièmes 48 heures
Cap sur un lac d’environ 150 hectares. Vent de face à 60 km/h en rafales. Sur le papier, les carpes devraient venir à nous.
Quelques déroules de brèmes. On le sait : si les brèmes sont là, les carpes ne tarderont pas.
Huitième jour : capot.

Cinquièmes 48 heures
Le moral est dans les chaussettes trouées, mais nous ne lâchons rien. L’avantage des sessions à deux, c’est de se motiver mutuellement.
Direction un site conseillé par un contact hollandais prénommé Ricardo. Un immense parc entouré d’eau, avec un plan d’eau circulaire et un autre juste à côté, dont un bord est occupé par un golf.
Le premier est envahi de carpistes. Nous comprenons vite où se trouvent les grosses carpes.
Nous prospectons le second. Personne.
Au bout d’un bosquet, nous découvrons un secteur incroyable : intersections, nénuphars, berges sauvages, coin isolé. Ça sent le poisson à plein nez.
Les premières 24 heures sont stériles. Puis, en milieu d’après-midi : DÉPART !
Le montage pêchant les nénuphars a piégé un poisson. Combat peu violent. Kev l’épuise : une carpe hollandaise !

Explosion de bonheur. Comme une première carpe. Inoubliable.
La moitié de l’objectif est atteinte. Il en faut une pour Kev.
Dans la nuit, je perds un poisson dans les nénuphars.
Au matin, toujours rien pour Kev. Puis, quelques dizaines de minutes plus tard : départ sur sa canne !
Je l’épuise à mon tour : sa première carpe hollandaise.

Mission accomplie.
Partout où nous avons pêché, nous avons croisé des carpistes. Les Pays-Bas sont clairement un pays de passionnés.
Une seule carpe chacun aura suffi à réveiller notre âme d’enfant.
Avec Kev, nous nous sommes promis d’autres voyages. La visite de l’Europe commence ici.
Merci infiniment à mon Kev d’avoir insisté pour aller voir plus loin après le bosquet.
Dans un second article, Kevin vous expliquera comment obtenir le fameux Vispas en ligne.
En attendant, je vous invite à découvrir notre aventure en vidéo sur la chaîne YouTube Total Carpe.



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