top of page

Le bonheur est dans la mare… Les petits lacs d’irrigation du Sud-Ouest : entre rêves et mystères…

Dernière mise à jour : 9 déc. 2025

Ces petits lacs présents en grand nombre dans le Sud-Ouest ont été le lieu de mon apprentissage halieutique et piscicole. Ce sont donc des lieux chargés d’émotions pour moi, notamment des souvenirs avec mon cher grand-père qui a eu la gentillesse et la bonne idée de m’amener au bord de ces pièces d’eau. Le but premier de ces lacs est purement agricole : ce sont des réserves d’eau pour irriguer les cultures comme le maïs par exemple ou les grandes parcelles d’ail. Mais très souvent ces lacs sont poissonneux et quasiment systématiquement il y des carpes … Et c’est là que la magie peut opérer ! Je vous propose une immersion dans mes petits « Redmire pool », notamment ceux du Gers et de la Haute-Garonne…



Vous avez bien compris que ce papier est teinté de beaux et intenses souvenirs… Peut-être donc que mes envolées lyriques vous paraîtront un peu exagérées mais elles traduisent l’intensité que j’ai pu y vivre. Ce sont des lieux littéralement magiques où on peut débuter la pêche de la carpe moderne de façon sereine, loin de la haute technologie et où, surtout, on peut progresser, étape par étape, et ressentir la magie émotionnelle de notre pêche.


De quoi parle-t-on ?

On entend par retenues d’irrigation, des petits plans d’eau destinés en priorité à l’arrosage des cultures. Les agriculteurs créent ces retenues artificielles pour des raisons directement liées à leurs activités : irrigation bien sûr, alimentation des élevages, production piscicole parfois. Ces lacs sont formés grâce à un petit barrage. Leur superficie n’excède en général pas les 2 à 3 hectares (une grande majorité autour de 1 hectare), pour  1m50 à 4 ou 5 m de profondeur. Certains lacs peuvent atteindre les 10 hectares.

Les caractéristiques de ces plans d’eau les rattachent souvent à la deuxième catégorie. Un autre trait de ces petits lacs est qu’ils sont loin des regards, ou plutôt sous le nez de tous mais complètement délaissés par les pêcheurs de carpes. De fait, les rares pêcheurs habitués à ces lacs sont en général pêcheurs de truites lâchées ou de poissons blancs : ce sont eux vos premières sources d’informations. Courtoisie et politesse sont dans ce sens les premières conditions de votre réussite. On touche là à leur caractéristique juridique principale : le fait que ces petits lacs soient privés (rare sont les lacs d’irrigation publics). Dans ce cas, une approche amicale et courtoise du propriétaire est d’autant plus nécessaire pour obtenir l’autorisation d’y pêcher (en expliquant qu’on remet les poissons à l’eau). Enfin il est évident que la population de carpes de ces petits lacs est inconnue : quantité et qualité à déterminer… Et c’est là tout l’intérêt !



Les lacs d’irrigation : une quête digne d’Hercule Poirot

Bien souvent, les carpes n’ont jamais vu un hameçon ou très peu de monde. Il faut même dire que très fréquemment, peu de monde se doute que des carpes nagent dans ces eaux. Avec un peu de chance, en discutant avec le propriétaire ou les promeneurs, ou les autres pêcheurs, vous arriverez peut être à glaner quelques informations, de prime abord anodines mais souvent décisives. En demandant simplement si il y a des poissons et des carpes, peut être aurez-vous le bonheur d’entendre : « Des fois, des gros poissons sautent ! » ou alors « Il me semble que quand ils l’ont creusé, ils ont récupéré et mis des carpes d’un autre lac à côté mais c’était il y a longtemps ! »… C’est donc un peu la loterie mais cela peut faire des conditions pour un véritable Eden pour les carpes !


        

Soit vous avez à faire à une forte population de petits poissons à la génétique peu favorable (souvent des petites communes). Soit vous aurez le bonheur d’avoir un cheptel pyramidal formé de quelques dizaines d’individus (avec un peu de chance des miroirs). Vous pouvez alors envisager de ferrer des poissons poids lourds, surtout si le biotope suit. Bien souvent, les « gros » poissons sortent rapidement : il ne faut pas louper les premières touches et pêcher avec le plus de sécurité possible. Parfois les poissons ont la bouche molle !

Cerner le biotope et la bathymétrie sont alors un atout non négligeable dans l’enquête que vous mènerez. Et c‘est bien cela qui est passionnant ! Quand vous posez et lancez une canne vous ne savez pas si elle va dérouler et pas du tout ce qui va mordre. C’est un peu la loterie mais c’est grisant ! Avoir cette impression de pionnier est précieuse et valorisante !


 


Question appâts et montages : quelle(s) stratégie(s) ?

         « SIMPLICITE » : voilà le maître mot ! Même si cela peut être compliqué, de façon générale la pêche est relativement facile ! Au niveau des appâts, les graines comme le maïs et/ou le pois chiche sont très efficaces. Les tiger nuts sont aussi une arme de choix, surtout si le biotope est colonisé par les écrevisses et les poissons chats. Vous pouvez incorporer peu à peu des bouillettes simples, à base céréalière, en diamètre 12/14 mm. Les Cream Little Corn de chez Natural Baits sont, par exemple, très efficaces dans ces milieux vierges. Mais la majorité des bouillettes d’entrée de gamme font le job aussi bien qualitativement que quantitativement (surtout pour le porte-monnaie). L’approche qui me réussit bien pour défricher et découvrir ces petits lacs est la suivante : je repère d’abord visuellement les spots susceptibles d’être attractifs (arbres tombés dans l’eau, digue, arrivée d’eau, petite baie…). Puis je procède à un sondage plus ou moins poussée à l’aide d’une canne marqueur-sondeur et de l’échosondeur de mon bateau amorceur. Il est bon de repérer les fosses, les haut-fonds et les cassures.



Une fois dégrossi de la sorte, j’aime amorcer au moins deux ou trois fois en avance en quantité plus ou moins importante, et de façon plus ou moins groupée. J’amorce souvent le matin assez tôt quand c’est possible et je fais d’abord une pêche de journée. Si les conditions sont bonnes, vous allez rapidement avoir une idée du cheptel : s’il y a beaucoup de carpes, vous devriez en prendre une ou deux rapidement, notamment en utilisant le maïs doux et/ou du maïs plastique jaune ou rose. Petite astuce : mettre une flottante rouge ou orange de 14 mm décollée de quelques centimètres sur un beau tapis de maïs peut être l’arme fatale.


Si vous souhaitez faire beaucoup de touches et que les poissons sont nombreux, un amorçage lourd à base de graines et de petites quantités de bouillettes (10 à 20% du total) est favorable. Je pars sur au moins 5 à 6 kilos de graines et quelques bouillettes plutôt fruitées. J’amorce au moins 3 fois avec 2 ou 3 jours entre chaque amorçage. Astuce : s’il n’y a pas trop de canards et de ragondins, je tente de mettre une ou deux poignées de maïs dans 50/80 cm d’eau pour voir si les carpes tapent dedans. Vous allez enchainer les touches et vous allez pouvoir pêcher fin : plomb assez léger (70/80 grammes) et hameçons n° 6 par exemple.


 

Si vous constaté peu de touches mais quelques poissons qui sortent du lot, vous pourrez envisager un amorçage à plus ou moins long terme. Et là vous pourrez mettre en place une stratégie de fidélisation des poissons de façon à maximiser les résultats. C’est en tous cas comme cela que je fais et que j’attrape quelques beaux poissons. Dans ce scénario, je privilégie les appâts à Haute Valeur Nutritive (souvent appelé HNV). Les bouillettes carnées sont alors au programme : farine de poisson, de calamar et parfum type Monster Crab. Les pellets sont un outil également possible notamment quand les nuisibles sont plus calmes. J’aime alors pêcher ces lacs de façon méthodique avec un ALT sur au moins 5 semaines en amorçant 3 fois par semaine, tôt le matin pour favoriser les touches en journée. Il est alors impératif d’être rigoureux et de ne pas pêcher avant la fin des 4 ou 5 semaines.



J’affectionne les montages équilibrés en 14 mm en hiver et en automne et en 24 mm l’été quand cela est nécessaire. Vous pourrez prendre les gros poissons assez rapidement mais c’est important de bien maintenir les amorçages et d’insister car parfois les vrais mammouths mettent un peu de temps à mordre. Une canne à la limite de l’amorçage ou en immédiate périphérie peut faire des miracles. Je me rappelle surtout d’un petit lac près de chez mes parents, où je ramassais de l’ail à l’âge de 20 ans. Le petit lac d’à peine 1 hectare m’a tout de suite fait de l’œil. Des arbres dans l’eau et une couleur bleu azur… Les premières tentatives furent laborieuses mais avec un peu de rigueur et une session de 3 nuits j’ai réussi à prendre 4 ou 5 poissons avec un top à 16 kg. Rien d’extraordinaire mais un sentiment profond d’accomplissement !



Ces paradis du Sud Ouest

Je privilégie la pêche de ces petits lacs d’irrigation au printemps et en automne, saisons les plus favorable selon mon expérience. Mais il m’arrive fréquemment de pêcher aussi en été pour le côté vacances au bord de l’eau. En hiver, si vous connaissez bien le plan d’eau, et sur un créneau météorologique favorable, les lacs d’irrigation peuvent être une bonne option. Ces petits paradis vous tendent les bras et vous permettront de vivre des moments uniques, notamment en famille. Vous pourrez (re)trouver l’essence et l’innocence des premières heures de la pêche de la carpe en France où chaque touche peut transformer vos rêves les plus fous en réalité ! On peut oser dire que c’est peut-être cela qu’un Rod ou qu’un Léon ont pu ressentir en tendant leur ligne sur des eaux vierges et prometteuses. On ressent alors la véritable raison qui nous pousse au bord de l’eau : le retour à la nature, l’espoir de la belle prise, la volonté de découvrir les mystères que cachent les ondes de ces petits lacs si mystérieux et si passionnants !

Commentaires


bottom of page